Langue japonaise

De Quartier Japon Wiki.

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(Le japonais, les "mots-pierres" de la relation !)
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Ainsi, cet étonnement et cette émotion, non intellectuels, qu’aura ressenti le« spectateur –interlocuteur » fera son chemin en son for intérieur.  
Ainsi, cet étonnement et cette émotion, non intellectuels, qu’aura ressenti le« spectateur –interlocuteur » fera son chemin en son for intérieur.  

Version actuelle en date du 4 novembre 2019 à 09:40

日本語




Comment s’en sortir en japonais ? Comment progresser ?

La langue japonaise vous plaît ; pour quoi ?

Faîtes-nous part de vos conseils pour devenir un pro du japonais et nous donner envie de progresser !




Sommaire

Témoignage

  • Stéphane


J'ai commencé l'apprentissage du japonais il y a environ 9 ans. A l'époque, mon objectif était de parler, pas d'écrire. J'ai donc fait l'impasse sur l'apprentissage des kanjis...

Après avoir utilisé différentes méthodes pendant quelques mois, j'ai eu la chance d'intégrer un groupe franco-japonais qui se réunissait chaque samedi pour échanger. Je pouvais ainsi essayer de baragouiner les quelques mots japonais de mon vocabulaire. Et puis, mes nouveaux amis japonais, regardant les manuels que j'utilisais, me faisaient part de leurs commentaires "On ne dit pas ça en japonais", "Ca n'existe pas !", "C'est quoi ます形 (masu kei) ?"...

Et un jour, j'ai sauté sur l'opportunité d'aider bénévolement un centre culturel franco-japonais. Après quelques mois, j'étais embauché et je pouvais tester en "live" mon japonais avec mes collègues et les artistes japonais (les pauvres !!).

Parmi eux, Jun san m'incitait à parler, parler même si je faisais plein de fautes, même s'il ne comprenait pas grand chose à ce que j'essayais de lui dire... L'important, me disait-il, c'était que je parle, que je n'ai plus peur / honte de parler et de faire des erreurs.

Grâce à lui puis, plus tard, à toutes les situations avec les clients et sponsors japonais au cours desquelles je devais au moins faire l'effort de leur parler dans leur langue, au pied levé et sans avoir le temps de tourner dix milles fois dans ma bouche mon japonais, grâce à tout cela, je me suis lancé. Ou plutôt, les mots se sont lancés hors de ma bouche, d'eux-mêmes, sans que je réfléchisse à mes phrases ni à ce que je voulais dire.

Depuis, je fais des échanges de langues, je travaille et communique avec mes amis japonais et grâce à cette pratique quotidienne, je parviens à me débrouiller.

Au final, en complément de l'apprentissage dans une école des bases du japonais et des règles de japonais, il me semble vraiment plus qu'important de pratiquer le plus possible dans un contexte hors scolaire, avec des interlocuteurs qui n'ont pas le temps d'attendre x temps avant de pouvoir entendre une phrase en japonais.

La pression d'avoir à parler pour éviter de lasser son interlocuteur permet de débloquer son japonais. Et les Japonais sont généralement bienveillants : l'important n'est pas forcément de faire de belles phrases trop bien tournées mais plutôt le plaisir lié à l'échange !!

Article publié le 14/01/2011


L’importance des kanjis ! – se tromper d’un kanji et le sens devient tout autre...

  • Tu vas te marier !? - Kaori, Stéphane

Ma nièce de 14 ans se trouvait en vacances à Paris, pour une semaine. Une amie japonaise, résidant dans le sud de la France, m'annonce sa venue à Paris à cette période, en me proposant de nous rencontrer, pour discuter dans un café.

Volontiers, je lui réponds par courriel, en lui précisant "芽衣子ちゃん と 一緒になります。 (Meiko to isshô ni narimasu)", en pensant traduire "Ma petite nièce sera avec moi".

"Tu vas te marier, super ! Tu me raconteras", répond-elle, enthousiaste...

Je me suis dit que j'avais dû me tromper de kanji, et qu'en écrivant "芽衣子", j'avais écris le prénom Meiko. Kaori pensait donc que j'allais lui présenter Meiko... Mais pourquoi pensait-elle que j'allais me marier ????

Pourtant, chaque fois que je parlais de ma nièce, en disant 'Meichan (姪ちゃん), mes interlocuteurs japonais me disaient "Meiko"...

Finalement, Kaori m'a expliqué comme suit : "Si tu écris "芽衣子ちゃん と 一緒になります。 (Meiko to isshô ni narimasu)", cela signifie "tu vas te marier avec Meiko". Si tu veux dire que tu seras accompagné de ta nièce, il faut écrire "Meiko to isshô ni ikimasu" ou "Meiko to gôryû shimasu"....


  • Le reflet du Français ? - Maki, Saki, Stéphane

Quelques mois plus tôt, un ami japonais avec lequel j’avais autrefois travaillé à Paris, et depuis retourné à Tôkyô, m’avait demandé de m’occuper d’une de ses collègues de travail à l’occasion de son premier séjour à Paris. Le soir de son arrivée, il me demandait simplement de dîner avec elle, pour qu’elle ne se sente pas trop seule.

J’avais donc accepté et, comme c’est un très bon ami, je lui avais également indiqué que j’irai accueillir sa collègue à l’aéroport, la conduirai jusqu’au studio loué à Saint-Germain, puis que nous dînerions ensemble le soir. Ainsi fut fait. Nous avions d’ailleurs passé une très agréable soirée à discuter en japonais de Paris et tant d’autres choses. Nous nous étions également revus la dernière soirée avant son retour au Japon.

Une fois rentrée, certainement qu’elle avait fait un « rapport » à cet ami, lequel m’avait ensuite envoyé un mail de remerciement, dans lequel il m’écrivait 「ステファンはフランス人の鏡です」, en m’invitant à consulter le dictionnaire pour savoir ce que cette expression voulait dire.


Comme dans mon petit dictionnaire, je n’ai pas trouvé, j’ai donc demandé à Maki et voilà ce qu’elle m’a répondu sur la page de son blog (http://www.makistarfield.com/blog-jp/?SSScrollPosition=0)

かがみ
Ce matin, j’ai reçu cette question de la part de Stéphane, un ami de Paris. Un Japonais lui a dit « Tu es le reflet du Français ». Aussitôt, n’ayant pas trouvé la signification dans le dictionnaire, il s’est tourné vers moi.

« Kagami – miroir » qu’est-ce que c’est ?

Pour les Japonais, je pense qu’en premier lieu le miroir reflète leur propre image et comme ils savent que cette image est la leur, en premier lieu, cela leur permet de se reconnaître. Quand on commence à utiliser un miroir, on pense que l’on peut ainsi se voir de façon objective. Autrefois, ce que le miroir reflétait, c’était très mystérieux ; il n’était pas considéré en tant qu’instrument pour le maquillage : cet instrument utilisé dans les rituels avait sa propre caractéristique. On considérait que la surface du miroir marquait la séparation entre l’image du « monde d’ici » et du « monde de l’autre côté ». Il y avait un autre monde et on pouvait ainsi voir les mondes de chacun des deux côtés. Dans la société contemporaine, on considère graduellement de moins en moins que le miroir a sa propre force spirituelle. Enfin, l’origine du mot miroir (kagami) est « Kigemi » (qui signifie « son alter ego »).

Le Japon, quelle image renvoie-t-il ?

Je pense que le Japon ou les Japonais, de nos jours, sont un miroir. Par exemple, les personnes qui critiquent Touden (Tokyo Denryoku ; l’entreprise d’électricité responsable de la tragédie de Fukushima) : elles critiquent les hommes politiques qui ont créé le système actuel de l’énergie nucléaire au Japon ; plus on construit de centrales nucléaires, plus on gagne de l’argent et plus l’argent circule. Pourtant, ceux qui critiquent ces hommes politiques sont souvent les mêmes qui les ont élus. Finalement, si on demandait à chacun son opinion, on finirait forcément par ne plus savoir. Les Japonais ont tendance à être influencés par leur interlocuteur.

Alors, si on pense que les Japonais sont un miroir ?

Si vous demandez à quelqu’un ce qu’il pense de nous les Japonais, vous allez voir comment il est. Les japonais qui critiquent Toden, peut-être qu’ils critiquent leur propre « miroir » qui ne leur réplique jamais.

Quelle est l’image du Français ?

Dans cet exemple, si on tourne son regard vers l’autre, on tourne son regard vers soi, mais dans le même temps la surface s’en trouve brisée ; on peut dire alors que le miroir permet de voir comme si on voyait son propre dos. Concernant votre question, Stéphane, si on revient à l’expression « Le reflet du Français », cela peut être la question de comment on voit les choses quand on touche à la culture étrangère. La France vue par le Japon / Le Japon vu par la France, dans ce cas, les deux voient symétriquement comme à travers ce miroir qui renvoie l’image du dos de celui qui le regarde. Les images idéales ou les images négatives concernant la culture étrangère, elles ne sont que les images créées par les pensées et les sentiments de la personne qui regarde cette culture étrangère. Cela signifie que, d’un point de vue interculturel, dans ce cas, l’image que du Japon on peut avoir du Français est le reflet que l’on a soi-même de sa propre position. Je pense que cela indique la représentation que l’on se fait de Stéphane. Dans le reflet, il y a le Japon et la France.

Finalement, concernant votre question, cela reflète correctement mais aussi de façon non correcte le fond de la pensée. On regarde l’interculturel mais en fait on regarde sa propre culture.

Finalement, il n’y ait pas de mot en français qui corresponde au japonais « le reflet du Français » ; pour les comprendre, l’un et l’autre sont différents. Même si le sens permet de comprendre l’interculturel, j’ai compris que je ne peux pas m’échapper totalement de ma langue maternelle et de ma culture. L’interculturel est le reflet de moi-même. Grâce à la question de cet ami français, je pense que moi, en tant que japonaise, je peux répondre définitivement que j’ai pu toucher le « reflet du Japonais ».

Tout le monde se tient devant un miroir différent.


パリの友人、ステファンから今朝、こんな質問をされました。彼は「フランス人の鏡だ」とある日本人から言われたらしいのです。早速辞書で調べたがその意味が見当たらず、困った彼は、私に尋ねてきました。

「鏡」とは?

日本人は、鏡によって自分の姿を映し、その姿が自己であると知るのは、自己認識の第一歩だと考えてきました。つまり、鏡の使用で初めて自分を客観的に見る手段を得たのです。また、古来では鏡に映るものが極めて神秘的なものだと捉えられ、化粧道具の一部ではなく、祭祀の道具としての性格を帯びていました。鏡の面が、世界の「あちら側」と「むこう側」を分けるレンズとして捉えられ、もうひとつの世界がある、という観念は世界各地で見られます。が近代社会の中で、鏡の霊力のような考えは次第に薄らいではいます。なお、鏡の語原は影身(カゲミ)と言われています。

日本の鏡とは?

今の日本もしくは日本人は、鏡だと思います 例えば、東電を非難する人たちは、原発を建てれば建てるほど、原発で発電すればするほど、みんなが儲かる、お金が回る、そんなシステムを作った政治家を非難しています。けれど、そんな政治家を選んだのも、東電を非難する人たちが中にはいます。結局、みんなの意見を聞いていると訳がわからなくなります。確かに日本人は、相手に染まりやすいのです。 では、一枚の鏡だと思えばどうだろう?私たち、日本人がどう見えるか聞けば、それがどんなもの(どんな人)なのか良くわかります。東電批判をしている人は、決してやり返しても来ない相手に向かって言っている部分では、己を写す鏡かもしれません。

フランス人の鏡とは?

この例からも他者に向けるまなざしと、自己に向けるまなざしが、同時に浮かび上がってくる、合わせ鏡であると言えます。ステファンの質問である「フランス人の鏡」、という表現に戻るなら、異文化間の接触が生じた時にそれをどう見るか、ではないのでしょうか。 日本から見たフランス/フランスから見た日本、という合わせ鏡のように対称的なものになります。「ステファンはフランス人の鏡である」、は異文化にかかわる理想化された像も、否定的な像も、自己の認識や感情、思考が捉えたものを形成しているものに過ぎません。そういう意味では、異文化、ここでは日本から見たフランスの像は鏡に映った自己の姿、目の前にいるステファンを指しているのだと言えるでしょう。

鏡の中の日本とフランス

最後に、彼の問いに関してこれが正しいとも正しくないとも言えないのが本音です。異文化への向きあいが、結局は自文化への向き合いになるためです。結局、「フランス人の鏡」は日本語にあってフランス語にはない言葉のため、それを認識することは各々違ってきます。異文化を理解する意味でも、自分の母語や文化から完全には逃れる事はできないことを知りました。異文化は自己の鏡です。フランス人の友人の問いかけに、必死で答えようとする日本人の私は、異文化の接触に関わる「日本人の鏡」なのかもしれません。

みな違う鏡の前で立ち尽くす



J’ai donc tenté de traduire le texte de Maki. Mais c’était compliqué et, pour la vérifier, j’ai demandé à Saki, l’une de nos professeurs à Quartier Japon. Voici ce qu’elle m’a écrit :

かがみ
「ステファンはフランス人の鏡だ」, je pense que la personne qui vous l'a dit voulait dire 「ステファンはフランス人の鑑だ」. 鑑(かがみ) et 鏡(かがみ) ne sont pas pareils.

鑑 signifie "le modèle, l'exemple". Donc « ステファンはフランス人の鑑だ » se traduit par "Stéphane sert de modèle aux Français", je pense.

Je vous donne quelques exemples. さきさんは、毎日毎日一生懸命勉強しています。さきさんは学生の鑑です。 Saki étudie sérieusement tous les jours. Saki est un modèle pour les étudiants. さきさんは、とても忍耐強く、おしとやかで、やさしいです。日本女性の鑑ですね! Saki est patiente, discrète et gentille. Elle est un modèle pour les femmes japonaises. (Saki, notre professeur est en effet facétieuse !)

Ensuite, j’ai demandé à Saki ce qu’évoque pour elle l’expression « フランス人の鑑 »

Concernant l’expression « le modèle du Français », j’ai réfléchi !


Je ne sais pas dans quel contexte on vous a dit que vous êtes le modèle du Français, mais selon moi, « le modèle du Français », c’est :

•une personne qui a toujours de l’humour, n’importe quand.

•Pas seulement au travail, c’est une personne qui rend sa vie intéressante (une personne qui boit, mange, parle et rit beaucoup)

•une personne qui est fière de la France, son pays.

•une personne qui rend intéressante la communication. Par rapport au Japon où tout est tellement automatique et hyper pratique que l’on a l'impression qu'il n'existe plus de communication entre les gens. En France, il reste encore la vraie communication entre les gens.)(moi je trouve que c'est un côté très charmant de la vie française.)

「フランス人の鑑」について、考えました!ステファンさんがどんな文脈で、「フランス人の鑑」と言われたのかは分かりませんが、 私にとって、「フランス人の鑑」とは・・・

・どんなときもユーモアを忘れない人

・仕事だけでなく、人生を楽しんでいる人(よく飲み、よく食べ、よく話し、よく笑う人)

・フランスに誇りを持っている人

・コミュニケーションを楽しむ人(何でもかんでも機械的で”超便利”な日本に比べて、フランスでは人間的なコミュニケーションが多いですね。)

です。


Quand on dit ~の鑑、c'est toujours un compliment.

Au Japon, quand on dit 日本人の鑑(ça dépend du contexte bien sûr), c'est souvent utilisé dans le sens d’apprécier une personne qui a les qualités traditionnelles japonaises : on apprécie sa patience, son sens de la responsabilité, sa fidélité, son assiduité, sa modestie...

On appelle cette personne 日本人の鑑, en sous-entendant que tous les autres Japonais doivent être comme elle. Donc, quand vous avez écrit « フランス人の鑑 », j'ai d’abord pensé à un Francais qui a "des qualités françaises". Seulement, je ne connais pas trop quelles sont les qualités françaises "traditionnelles". Moi, j'imagine que les qualités traditionnelles en Europe latine sont les qualités demandées chez les catholiques, mais je ne pense pas qu’"un catholique modèle" ce soit identique à "un français modèle".

Qu'est-ce que c'est donc « フランス人の鑑 » pour les Français ? D'après vous, quels sont les éléments considérés comme des qualités traditionnelles chez les français ? Quel genre d'Homme peut être « le modèle des Français » de nos jours ?


Article publié le 15/08/2017

Vous connaissez le mot « Tatamisé »

  • Maki, Saki, Stéphane

Ce samedi matin, et alors que je discutais, en japonais, avec notre professeur de japonais, Saki me demanda soudain : « Tu connais le mot "tatamisé" ? » « Oui », je lui répondis, un peu surpris, avant de chercher à en savoir un peu plus en lui demandant si elle me trouvait "tatamisé". Saki, pensant que c'était un compliment, me répondit « oui » sans l’ombre d’une hésitation…

Pour moi ce n’est pas vraiment un compliment et je m’étonnai donc que Saki m’ait dit cela de but en blanc, d’autant que ce n’est vraiment pas son genre…

Tatamis.jpg
« Dire de quelqu’un qu’il est « tatamisé », lui expliquai-je, c’est plutôt négatif, cela sous-entend un sens péjoratif. Par exemple, c’est ce que l’on dit de Français qui aiment le Japon et qui voudraient être plus japonais que les Japonais. Par exemple, une fois, j’ai entendu parler d’un Français qui mangeait chaque matin du Nato à son petit déjeuner bien qu’il habitait à Paris. Une autre fois, en été, j’ai rencontré au centre culturel franco-japonais dans lequel je travaillais un Français portant chapeau, tenue et geta, …, tels un moine zen, en plein Paris…

_ Ce n’est pas ce que je voulais dire », me dit Saki avant de m’expliquer : « En japonais, dire de quelqu’un qu’il est « tatamisé », cela veut dire qu’il parle aussi bien japonais que les Japonais. »

En fait, Saki ne connaissait pas ce mot auparavant avant de le lire dans le manuel d’apprentissage du japonais "Minna no Nihongo - 1", au sujet d’un texte à propos du tatami japonais. Ce texte expliquait que le tatami représente la culture japonaise, à tel point que les Français ont créé le mot "tatamiser" pour parler d’une personne qui parle aussi bien japonais que les Japonais.


Article publié le 10/12/2012


Ecouter des radios japonaises, pour se familiariser l’oreille et plus encore

  • Stéphane
聞く (Kikou) = Ecouter

Depuis longtemps déjà, j’écoute presque chaque matin des émissions en japonais tout en déjeunant, en travaillant, en faisant toutes autres choses encore.

J’aime en effet écouter des émissions japonaises, non pas à destination d’étrangers mais bien plutôt des émissions réalisées par des Japonais pour des Japonais ; du véritable VO ! Pour m’habituer l’oreille, peut-être aussi pour que mon fonctionnement cognitif s’imprègne tout doucement, et sans en avoir l’air, de cette langue étrangère et de sa logique si différente de celle de notre langue française. Pour ainsi espérer mieux comprendre mes interlocuteurs japonais.

Je le fais sans prêter trop attention à ce que j’écoute, plutôt en fond sonore, tout en concentrant mon attention sur mon activité du moment, car il me semble qu’ainsi l’imprégnation sera plus naturelle et donc plus efficace.

Au début, j’écoutais donc des post-casts glanés sur I-tunes.

• J-WAVE 25 : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=284145065

• TOKYO MORNING RADIO : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=275939527

• FM FUKUOKA : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=268479588

• JAPAN RYTHM : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=278096640

• MUSIC UNITED : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=250042628

• RADIO SAKAMOTO : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=98992875

• FM CINEMA : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=311435953

• SUNDAY SCOPE : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=284002197

• ROCK’N’ROLL DIVE : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=266163124

• ONE POINT ADVISE : http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=266243033

• ASIENCE SPIRIT OF ASIA : http://itunes.apple.com/fr/podcast/asience-spirit-of-asia/id268173659

• LIVING STYLE : http://itunes.apple.com/fr/podcast/id212390475

• SLOW STYLE RADIO : http://itunes.apple.com/fr/podcast/id284178094

• RADIO BONANZA : http://itunes.apple.com/fr/podcast/id78697108

• A PIECE OF LAUGHING : http://itunes.apple.com/fr/podcast/id311776303

• MAKENKI TABI : http://www.voiceblog.jp/maki-t/rss2.0.xml

Mais le choix était limité, j’écoutais toujours les mêmes programmes, d’ailleurs relativement courts. Mais bon, je n’avais pas trop envie de me bouger pour que ça change…


Et cette année, une fois rentré du Japon fin avril, vraiment, entendre du japonais comme au Japon me manquait trop. Et j’ai tout simplement tapé sur le moteur de recherche « écouter des radios japonaises ». Et aussi simplement, je suis tombé sur un post de 2008 sur http://www.lejapon.org/forum/content/, qui traitait de ce sujet.

Depuis, chaque matin, j’écoute la radio « FM JAGA », une radio en direct du Japon !


Les différents liens glanés (à vérifier toutefois car tous ne semblent plus opérationnels) :

Liens renvoyant vers un annuaire de radios

http://www.multilingualbooks.com/onl...ese.html#about

http://www.omniglot.com/writing/japa...inks.htm#radio

http://www.radio-locator.com/cgi-bin/nation?ccode=jp

http://www.shoutcast.com/directory/index.phtml?s=jap


Liens renvoyant vers une radio

• AVEX : http://www.avexnet.or.jp/bfradio/

• Japan FM Network BS 323 http://www.jfn.co.jp/pc/index.html

• TOKYO FM http://www.tfm.co.jp/index.html

• LFX 488 http://www.lfx.jp/

• Beach FM http://www.beachfm.co.jp/

• Magic FM http://www.fmyamato.co.jp/

• Be Happy http://www.hanshin.co.jp/be-happy/

• Mother Earth http://www.mother-earth472.com/menu.html

• Bloomberg TV Japan http://www.bloomberg.com/

• Nara FM http://www.nara.fm/

• Blooming 316 http://www.tfm.co.jp/MB/bsbird/

• BS Asahi Radio 455 Radio Japan http://www.nhk.or.jp/rj/

• BS Asahi Radio 456 The University of the Air http://www.u-air.ac.jp/hp/

• BS NTV Radio 2 http://www.bsn.co.jp

• World Tour Station http://www.tfm.co.jp/MB/bsbird/

• BS-i Radio 461 http://www.bs-i.co.jp/radio/461.html

• Wowow Wave 1 http://www.wowow.co.jp/

• BS-i Radio 462 http://www.bs-i.co.jp/radio/462.html

• Wowow Wave 2 http://www.wowow.co.jp/

• Radio Okinawa http://www.rokinawa.co.jp/

• JBS http://www.jbs.or.jp/

• BSQR 489 http://www.bsqr.net/

• Digital J wave http://www.j-wave.co.jp

• Come on FM http://www.c-fm.co.jp/index.html

• FM 802 http://funky802.com/index.html

• Cross FM http://www.crossfm.co.jp

• E Radio Lakeside FM http://www.e-radio.co.jp/

• Digital Radio Tempa http://www.tampa.co.jp

• FM 76.3 http://www.763.fm/live.html

• Groove Night http://www.cutefm.coml

• FM Yokohama http://www.fmyokohama.co.jp

• Happy FM http://www.itami.fm/

• Radio Japan http://www.nhk.or.jp/rj/index_e.html

• Healing Station http://www.bs-n.co.jp/

• FM North wave http://www.fmnorth.co.jp/

• HMV Radio 1 http://www.hmv.co.jp/

• ZIPFM http://zip-fm.co.jp/

• Japan A Radio http://www.japanaradio.com/

• I Radio http://www.i-radio.fm/

• J-Fan Radio http://j-fan.com/radio/

• Inter FM http://www.interfm.co.jp/

• Big B Radio http://www.bigbradio.com/

• Japan FM Network BS 320 http://www.jfn.co.jp/pc/index.html

• Wazze http://wazze.minidns.net:9000/

• SickOnion http://www.sickonion.com/

Bonne écoute !


Article publié le 06/05/2014


Parler japonais : le lâcher prise progressif ?

  • Stéphane

Jeudi 18 septembre 2014, la conversation allait bon train, tout en cheminant pour rentrer de l'école jusque vers la butte Montmartre où Kuljit et moi nous habitons à quelques rues l'un de l'autre. Quelle surprise de nous être retrouvés après plus 7 années !

Nous nous étions rencontrés dans l'école de japonais pour laquelle je travaillais 7-8 ans auparavant. Quelle agréable surprise de l'avoir revu après toutes ces années, quand il avait souhaité prendre des cours particuliers avec Quartier Japon.


Deci delà cheminant, notre conversation elle aussi s'était dirigée vers le sujet qui nous passionne tout autant l'un que l'autre : la culture japonaise et ses bienfaits.

Ainsi, j'en étais arrivé à parler un peu de mon expérience, à la fois de mon rapport à la culture japonaise mais aussi de ces nombreux Français rencontrés dans mes différentes activités professionnelles et de leur propre rapport à la culture japonaise. "C'est vrai, ce que vous dites ! C'est effectivement ce que je ressens aussi. Vous devriez l'écrire : on ne lit rien là-dessus ! Ca pourrait aider les personnes qui commencent à s'intéresser à la culture japonaise", me dit Kuljit avec enthousiasme. _ Vous croyez ? _ Si, je pense que ça pourrait les éclairer et les aider à comprendre ce qui les anime quand ils s'intéressent au Japon."


Je me lance donc aujourd'hui, après quelques semaines de maturation...

Au départ, il y a près de 25 ans (c'est loin !), je retrouve un ami d'enfance sur le quai de la gare de notre ville de province, en attendant de repartir pour Paris, ma toute récente ville d'adoption. A ses côtés, une jeune femme toute de noir vêtue, avec de longs cheveux noirs : la première personne japonaise rencontrée dans ma vie ! Elle ne parlait quasiment pas français.

Depuis nos retrouvailles, chaque fois que j'allais souvent chez eux, je ressentais toujours cette même façon inconnue d'être avec les autres, au contact de Kaoru. Et d'une façon accentuée quand d'autres amis japonais étaient présents, puis, peu auprès, quand est arrivé leur nouveau-né : chaque fois, je ressentais une forte sensation de présence et de différence à travers la relation !

Pourquoi cette sensation inconnue, que je ne pouvais ni nommer ni comprendre ? Je la ressentais, aussi fortement que si je l'avais en face ! Mais je ne comprenais pas ce qui m'arrivait...

Nihongo.png
Je commençais donc à lire des romans (en français), à regarder des films japonais, j'allais également voir des expositions japonaises.

Et chaque fois, de nouveau, la surprise, l'inconnu, le choc de la différence ! Le héros du livre meurt et disparaît au premier chapitre, mais cela n'empêche pas pour autant l'histoire de se poursuive... Et dès lors, incapable que j'étais de me faire même une idée de la suite, encore moins du final.

Que dire, du retour d'une exposition de céramiques d'une grande famille traditionnelle de céramistes japonais. Obligé de rentrer à pied et traverser la moitié de Paris pour me remettre de cette forte émotion ! En moi, une énergie monumentale s'était trouvée mobilisée et je ne savais ni ne pouvais en faire quoi que ce fut. Surtout, ne pas me retrouver dans la médiocrité émotionnelle du métro...

Ah, c'était bien la première fois !

Puis, ce furent mes premières rencontres avec des Japonais, des collègues, des clients... Des chocs émotionnels quasi chaque jour : des clients d'hôtels *** ou même **** qui se plient en courbettes parce que je leur livre jusqu'au pas de leur chambre leur photo d'eux, prise devant la Tour Eiffel. Un chef de groupe qui me fait applaudir par un bus entier de sexagénaires, parce que j'ai fait le nécessaire pour arriver à l'heure à notre rendez-vous, pour leur permettre de repartir à l'aéroport avec leur photo. Ma collègue japonaise, dont le comportement change radicalement dès lors qu'un autre Japonais est présent, comme si soudain, on ne se connaissait plus. Et tant d'autres... Qui me font chaque fois sentir fortement cette différence.

Et pourquoi ? Pourquoi c'est différent ? Rien, je ne comprends pas, je n'ai que des interrogations...

Alors je poursuis ma recherche : je pars en quête de sens pour essayer de coller à ce que je ressens si fortement. Je me lance même dans l'apprentissage de la langue, trop frustré ne n'avoir pu partager mon enthousiasme et ma gratitude à ces exposants d'une superbe exposition de laques !

De fil en aiguille, de rencontres en expériences, d'apprentissages et de tentatives de parler la langue, je me trouve me centrer de plus en plus vers tout ce qui a trait à cette culture si différente. Je cherche quasi avec frénésie le moindre évènement, film en lien avec le Japon. Je n'emprunte que des romans, des VHS japonais... Je me "tatamise" tout doucement mais sûrement : je cherche avant tout à sauvegarder, à enrichir et conforter ce lien vers cet ailleurs culturel et émotionnel.

Mais, si je lis, j'apprends, je vois des photos du Japon, je rencontre des Japonais, je ne comprends toujours pas plus pourquoi cette différence se marque d'avec ce que je connaissais jusqu'à présent.

En fait, c'est comme ça, c'est naturel, c'est une étape obligée, je crois à présent, avec le recul. Ca fait partie de la constitution d'une nouvelle relation ; en quelque sorte une préparation en vue d'une future assimilation. Une déconstruction, peut-être, des schémas mentaux et culturels, pour un assouplissement intellectuel / émotionnel avant d'accepter de se laisser aller vers cet "autreté" culturelle et humaine ?

Parfois, cependant, certains d'entre nous demeurent à cette étape et se raidissent intellectuellement, incapables qu'ils sont de se laisser glisser vers l'étape suivante ?? Chacun d'entre nous peut aussi retomber à chaque instant dans cette ornière.

Je suis sûr que vous en connaissez autour de vous, de ces autres qui, mieux qu'un Japonais lui-même, connaissent tout du Japon, de sa culture, de son histoire, de ses moeurs, de sa pensée, de... Ils savent mieux qu'un Japonais lui-même ce qu'est un Japonais et comment il fonctionne ! Ils peuvent également parler très bien japonais, avec pleins de mots, d'expressions, ..., mais il demeure pour autant que quelque chose cloche chez eux, dans leur accent, dans leur façon d'être, dans ce qui en émane. A leur contact, il y a quelque chose qui fait l'effet d'une porte, d'une falaise face à vous : on se heurte à un mur de savoirs...

Avec persévérance et grâce à mes diverses rencontres avec des personnes japonaises, notamment, mon esprit et mon affectivité se sont ensuite heureusement peu à peu laissés gagner par ce que cette culture japonaise me faisait comme effet. Cela a eu et a toujours un incidence sur ma capacité d'apprentissage du japonais et de le parler.

Par la suite, j'ai en effet ressenti à de nombreuses reprises des temps où mon japonais stagnait, voire régressait ensuite... Combien de fois j'en ai eu marre de m'entendre parler laborieusement japonais !! Jusqu'au moment où un déclic se produisait et je me sentais progresser. En fait, ce sont plutôt mes interlocuteurs japonais qui me le font remarquer.

Car ce n'est que dernièrement que j'ai l'impression de ne plus avoir si peur de ne pas pouvoir parler sans commettre d'erreur. J'avais en effet, chaque fois que je parlais japonais, l'impression de me trouver face au vide, face à la page blanche, face à ..., et tout pendant que je parlais, j'avais l'impression d'être le funambule sur son fil ! Surtout que je savais, par expérience, que je ne pouvais trouver aucun appui du côté de ma volonté ni même de mes capacités cognitives. Car ce n'est pas à ce niveau que cela se passe, me semble-t-il.

Ce n'est pas moi qui décide, volontairement, de passer à l'étape supérieure et accéder à un meilleur niveau oral en japonais. C'est, à l'inverse, quelque chose dans mon conditionnement cognitif qui lâche prise, pour se laisser dès lors imprégner par ce qui émane de la langue et, plus largement, de la "chose japonaise".

Au fur et à mesure, avec les années, cela devient palpable que cela se passe à un autre niveau que celui du cognitif. C'est dans la mécanique interne que cela se fait ! Et moi, avec ma capacité de raisonnement, j'assiste à ce changement progressif.

Tout récemment, cela donne que même si je ne comprends pas forcément les mots de certains de mes interlocuteurs japonais, je sais / sens de quoi ils parlent. Ce n'est en fait pas tant le mot qui est si important mais ce dont il est l'un des supports.

Après tout, c'est peut-être ça, la "différence japonaise" ?

Article publié le 28/10/2014


Les bienfaits de l’apprentissage du japonais

  • Stéphane

A la rentrée 2014, nombreux ont été les parents à contacter Quartier Japon, dont les enfants souhaitaient apprendre le japonais. Certains étaient également intéressés par l’apprentissage du dessin manga et souhaitaient consacrer une bonne partie de leur samedi à la culture japonaise, avec un cours de langue japonaise d’une durée d’1h30 et un cours de manga de 2h.

Selon leur professeur de japonais, ces jeunes élèves, pré-adolescents et adolescents, connaissaient par ailleurs de nombreux mots et us de la coutume japonaise. Egalement, ils sont très sérieux et motivés, et leur capacité d’apprentissage l’a étonnée dès leur premier cours !

Il est important, en effet, que les apprenants soient motivés par leur apprentissage et que celui-ci puisse se dérouler dans une ambiance ludique et conviviale. Plutôt qu’un apprentissage scolaire, le plaisir et le désir d’apprendre et de passer un bon moment ensemble sont à la base même de la démarche d’apprentissage. Si le plaisir, qui soutend le désir d’apprendre était absent, s’en serait ainsi fini du désir d’apprendre et, par conséquent, de la mise en œuvre des efforts nécessaires dans l’acquisition de nouvelles connaissances.

Ceci est valable pour tous, adultes comme adolescents et enfants, quoique de façon plus accentuée pour ces derniers. L’apprentissage de la langue ou du manga ou encore de toute pratique culturelle japonaise permet ainsi à chacun de s’ouvrir à la différence. Une différence dans notre vision du monde qui nous entoure et des relations entre chacun d’entre nous et notre environnement, au sens le plus large. C’est tellement important, il me semble, surtout ces derniers temps, quand de nombreux médias s’ingénient, à qui mieux mieux, à formater notre vision du monde, de nous-même et de ce qui nous entoure !

Concernant l’apprentissage du manga et du japonais, encore plus pour progresser, progressivement, un lâcher-prise de nos réflexes cognitifs est nécessaire. Une ouverture progressive à un mode différent d’encodage sémantique et à un mode relationnel différent nous gagne insidieusement et nous permet de changer de paradigme. Petit à petit, on devient ainsi plus libre, plus riche de cette vision élargie des choses. Pour cela, les Japonais ont une expression « 彼は、心の広い人です » : « lui, c’est quelqu’un d’ouvert » (littéralement : lui, c’est une personne avec un cœur étendu).

Article publié le 01/11/2014


Les multiples mots pour dire "bonbon"

  • Stéphane

Lundi soir, en apportant des bonbons japonais aux élèves du cours collectif, cela a été l’occasion d’en apprendre encore un peu plus sur la culture japonaise.

Qui l’eut cru, à travers le simple fait d’apporter des bonbons !

飴 - あめ

En effet, pour moi « bonbon » en japonais c’est « 飴 - あめ - Amé », du moins c’est ce qu’un Japonais m’a appris il y a déjà un moment.

Tout naturellement, j’annonce donc aux élèves et au professeur que j’apporte des bonbons « 飴 ». Mais la professeur me dit rapidement : « Ce n’est pas « 飴 ». C’est « ラムネ– Ramuné ».

_ Eh ?, c’est quoi « ラムネ » ?

_ C’est ça, me dit-elle en montrant le sac de bonbons. C’est « ラムネ ».

ラムネ
_ ?? Ce n’est pas « 飴 » ?

_ Non, c’est « ラムネ ».

_ Bah, c’est quoi « 飴 » ? C’est bien « bonbon » ?

_ « 飴 », c’est une sorte de bonbons. Ceux-là, c’est « ラムネ ». « ラムネ » ce sont des bonbons durs. Ce sont aussi des bonbons durs en forme de billes souvent présentés dans des bouteilles. « 飴 », c’est plutôt des bonbons transparents.

_ Les Haribo, c’est quoi ?, demande l’un des élèves.

_ C’est « グミ- gumi ».

_ « グミ» ?

グミ- gumi
_ « グミ», c’est tout ce qui est mou…

_ Les chewing-gum aussi ?

_ Les chewing gum, c’est « ガム ».

_ Ehhh ! Il y a encore d’autres mots ???

_ Il y a aussi « お菓子 – おかし – okashi ». « お菓子 », ce sont les bonbons genre petits gâteaux, qui craquent quand on les croque. Un peu comme les popcorns…


Vraiment, c’est vraiment compliqué le japonais ^_^ !!


Mais c’est la même chose pour un Japonais, vis-à-vis du français, concernant les gâteaux !


En effet, nous autres Français nous appelons les « お菓子 » japonais non pas des « bonbons » mais des « gâteaux ».

_ C’est « gâteau » ?, s’étonna notre professeur japonaise.

_ Oui, pour nous. Ca contient de la farine. Ce qui est à base de farine, c’est « gâteau ».

_ Les meringues, c’est « bonbon » ?, remarqua-t-elle alors, logiquement.

_ Non, c’est aussi gâteau. C’est pourtant vrai qu’il n’y a pas de farine…

_ C’est à base d’œuf et de sucre. C’est pour cela que c’est gâteau, précisa un autre élève.

Ainsi, avons-nous également tout autant de nuances en français que n’ont pas les Japonais, mais pour les gâteaux !

Article publié le 19/11/2014


Comment, en prononçant mal, "thé" devient "voiture" ... ?

  • Stéphane et Yumiko - 30 ans, en France depuis mars 2015

Une fois par semaine, je fais des échanges de langues avec Yumiko. Par skype avant son arrivée à Paris, puis en face à face depuis son arrivée fin mars 2015. J'ai beaucoup de chance car Yumiko est professeur de japonais au Japon et elle me corrige de façon très professionnelle mais non moins amicalement.

Hier, nous parlions de Gamay, vin rouge qu'elle avait bu au Japon sans l'apprécier tandis qu'elle avait bien aimé celui qui lui avait été servi dans un restaurant ces derniers jours.

Forcément !, je lui expliquais, car la qualité des vins de France importés au Japon doit être moindre qu'en France, sauf bien sûr dans les endroits prestigieux et chers. Au prix du produit de départ, sont en effet à rajouter les frais d'importation, de douane et la marge des intermédiaire et du revendeur au Japon.

Kanji du mot "thé"
C'est la même chose pour les thés japonais que l'on achète à Paris. Nous parlions en japonais et pour le mot "les thés japonais", j'avais utilisé le mot "Nihoncha - 日本茶".

"Hein, on peut acheter "Nihoncha" à Paris, répondit en japonais Yumiko, toute surprise.

"Oui", je lui répondis tout étonné. Sur ce, je lui expliquais rapidement les caractéristiques du quartier japonais de Paris (dans le quartier de l'Opéra), un peu étonné qu'elle ne le sût pas depuis les presque trois mois qu'elle vivait à Paris. Je continuais en expliquant notamment que, comme pour le vin rouge français vendu au Japon, le thé japonais vendu en France est généralement de qualité moyenne voire basse au départ, au Japon, du fait des taxes et autres frais... Sauf bien sûr dans quelques boutiques, mais alors il est cher.

C'est la raison pour laquelle, depuis de nombreuses années, je n'en achète pas en France, mais je demande à mes amis de m'en ramener du Japon. Ainsi, quand je le bois, il est presque aussi bon qu'au Japon ou que celui que préparent mes amis japonais (qui le ramènent eux aussi du Japon).

Kanji du mot "voiture"
Toute professionnelle qu'elle est, Yumiko relève alors le verbe "boire" que je viens d'utiliser, me donnant l'impression qu'il ne convient pas pour la situation.

"Mais un thé, ça se boit. Comme le vin, n'est-ce pas ?" Comme elle ne semble pas plus persuadée et donc que j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qu'elle ne comprend pas dans ce que je lui dis (toujours en japonais), je précise "oui, le thé, comme le thé macha, le thé de la cérémonie du thé, les autres thés japonais aussi"...

Alors, son visage s'éclaire : elle vient de comprendre !! Je ne parle pas de "Nihonsha" mais de "Nihoncha". Je ne parle pas de voiture japonaise "Nihonsha - 日本車" mais de "Nihoncha - 日本茶" et donc de thé japonais" !!

En effet, en japonais, le son "sha" se prononce comme notre "cha", tandis que le son "cha" se prononce "tcha". Ce qui peut créer de nombreux malentendus en cas de prononciation imprécise, surtout pour un Japonais récemment arrivé en France et qui n'est pas habitué à la prononciation étrangère du japonais...


Article publié le 19/06/2015


Témoignage d'une professeur de langues

  • Tatiana est Russe et professeure de langues et interprète. Elle a début son apprentissage du japonais, en cours collectifs, avec Quartier depuis septembre 2017.

Curieux de connaître l'avis d'une enseignante en langues étrangères, sur son expérience de l'apprentissage du japonais, je lui ai demandé de nous faire part de son avis.

Tatiana a gentiment accepté de nous faire part de son témoignage :

syllabaire hiragana
"Bonjour Stéphane,

Comme promis, voici mon témoignage sur l'apprentissage du japonais :

J’ai commencé à apprendre le japonais après mon premier voyage au Japon. Je suis tombée amoureuse du pays et de sa culture, ce qui m’a également motivée à m’intéresser à la langue. En plus, étant moi-même professeure de langues, j’ai trouvé qu’il serait utile d’apprendre une langue étrangère pour me mettre à la place de mes élèves.

Il fallait d’abord choisir le format. Comme je travaille surtout à la maison, j’ai choisi les cours en groupe, ça me fait sortir de chez moi. En plus, en travaillant en groupe, on est rassuré de voir que l’on n’est pas la seule à faire des erreurs, que tout le monde fait des fautes et il ne faut pas en avoir peur.

Pour moi, l’étape la plus difficile était le tout début, c’est-à-dire l’apprentissage des deux syllabaires : hiragana et katakana. Ils me paraissaient tellement différents des langues que je parle déjà, que parfois je bloquais devant la quantité des nouvelles lettres à apprendre. Mais j’ai de la chance : j’apprends le japonais avec mon compagnon, alors on se motive : quand je le vois faire ses devoirs, je m’active et me mets aussi au travail.

Je suis surprise de voir des gens qui refusent par principe d’apprendre les kanjis (les idéogrammes). Premièrement, ils font le charme de la langue japonaise. Deuxièmement, ils se composent essentiellement de quelques centaines de racines qui s’apprennent à force de répétition. Troisièmement, la technologie simplifie les choses : quand vous tapez un texto en hiragana, ça se remplace automatiquement par des kanjis.

La grammaire japonaise me paraît assez simple : pas de genre ni de pluriel, pas d’accord de participes passés ou de pronoms relatifs complexes. Pas de déclinaisons comme en russe ou d’articles comme en anglais ou en français.

Finalement, le plus difficile est de garder la motivation et le rythme. L’apprentissage d’une langue est comme le sport, il faut le pratiquer régulièrement. Il faut aussi se motiver par des rencontres, des voyages, des films et des expos.

Je ne trouve pas que le japonais soit plus difficile que les autres langues, il faut juste en tomber amoureux et l’accepter comme il est.

Cordialement,

Tatiana Klimova

Site : https://russianpodcast.eu


Article publié le 09/03/2018


"J'ai quelques connaissances en japonais et je veux prendre des cours Faux débutant."

  • Stéphane, responsable de Quartier Japon


En cette période de rentrée, comme chaque année, je reçois fréquemment des courriels de ce type "J'ai quelques connaissances en japonais et je veux prendre des cours Faux débutant. ".

Quand je demande de préciser leur niveau en japonais, le nom du dernier manuel utilisé et de la dernière leçon vue, quasiment, à chaque fois, j'ai des personnes qui m'apprennent qu'elles ont appris en autodidacte, sur internet, avec certains sites spécialisés ou encore en apprenant elles-mêmes les syllabaires hiragana et / katakana. Ou par des amis ou encore en regardant des mangas...

Comment faire, face à ces personnes qui ont déjà certes un petit niveau, plus ou moins petit d'ailleurs, mais un niveau qui ne correspond pas à celui d'élèves ayant suivi des cours de japonais pendant toute une année ?


Certains comprennent tout à fait qu'il est préférable de reprendre l'enseignement à 0, mais ce n'est pas forcément le cas de tout le monde.

Quand j'en ai la possibilité et bien sûr, selon la disponibilité de mon interlocuteur, je leur raconte un peu de ma propre expérience, pour essayer de leur faire comprendre tout l'intérêt qu'il y a à reprendre à partir des bases.


"J'ai commencé à apprendre le japonais comme vous, en autodidacte, avec des manuels de japonais, dont "Le japonais en 40 leçons", qui m'avait le plus plu.

Et par un concours de circonstances, j'ai fréquenté un groupe franco-japonais chaque samedi, pour faire des rencontres et essayer mon pauvre japonais. A partir de cette expérience, j'ai pu être embauché au sein d'un centre culturel franco-japonais, privé, au sein duquel mon collègue japonais m'avait incité dès le départ à parler japonais avec lui, bien que je n'avais que quelques mots et quelques expressions seulement à ma disposition.

Je l'entends encore "Même si je ne comprends, même si tu ajoutes du français, même si tu fais des erreurs, ce n'est pas grave ! L'important, c'est que tu parles !!"

Grâce à lui, j'ai donc commencé à baragouiner, avec lui, avec mes autres collègues occasionnels japonais, ainsi qu'avec les clients venus du Japon, que j'allais parfois chercher à Roissy !!


Mais au bout d'un moment, j'ai bien senti que j'étais plus que limité et que je passais à côté de bien des choses. Et j'ai donc décidé de contacter une école de japonais, pour y prendre des cours !


On m'y demanda donc mon niveau et, comme j'avais déjà des connaissances, on me fit passer un petit oral, de but en blanc, avec la Responsable Pédagogique japonaise de l'école.

Après quelques minutes, eh bien, voilà le verdict : "C'est bien le problème avec vous, comme avec tous ceux qui ont déjà un petit niveau en japonais.

Vous avez un niveau en dents de scie !

Cela veut dire que votre niveau n'est pas homogène...


Si vous savez certaines choses, comme vous présenter ou autres, il y a d'autres points pour lesquels vous n'avez pas le niveau, vous avez des lacunes.

Ainsi, pour un Japonais qui vous écoute, c'est embêtant, car il ne sait pas quel niveau de japonais employer avec vous.

Il pense que vous maîtrisez bien le japonais, en vous entendant par exemple vous présenter et il vous parle dans ce même registre.

Mais rapidement, il voit bien que vous ne comprenez pas et il est perdu.


Aussi, il convient de lisser votre niveau en japonais, pour éviter cela et partir sur de bonnes bases, bien homogènes."


C'est donc ce que j'ai fait et j'ai intégré une classe, mais pas de niveau grand débutant, mais la suivante, car j'avais quand même déjà un certain niveau.


A présent que je maîtrise le japonais, quotidien dirons-nous, parfois, je regrette malgré tout de ne pas avoir repris dès le niveau 0.

Surtout si je suis fatigué, j'ai quelques soucis ou peut-être bien encore si cela correspondant à une phase d'apprentissage pendant laquelle je stagne voire même je régresse.

Eh bien, je ne me sens pas en confiance avec mon japonais sur des points de bases.

L'utilisation des post-particules appropriées par exemple.


Je pense à présent que si j'avais repris un enseignement depuis le départ, certes j'aurais revu des notions connues, mais au moins, je n'aurais pas cette sensation qui peut être désagréable."

C'est donc sur cette expérience, désormais, que je m'appuie pour conseiller ces débutants mais non débutants ^^


Article publié le 03/09/2018



Langue et culture vont de pair !

  • Stéphane

Récemment, au cours d’un échange de langue avec une amie, professeur de japonais pour les étrangers au Japon, nous parlions, en japonais : « Récemment, depuis qu’il y a un nouveau prestataire pour les Véli’b, le service est devenu tellement de mauvais niveau, que j’ai finalement non renouvelé mon abonnement.

Je ne fais donc plus de vélo plusieurs fois par semaine pendant plusieurs heures, comme auparavant.

Ca me manque de ne plus faire de vélo. »

Le pintemps me manque (pendant l'hiver)
« Ca me manque de ne plus faire de vélo. », je l’avais exprimé en japonais par la phrase suivante « 自転車に乗れないので、恋しいです。 »

Je vois alors mon interlocutrice devenir perplexe, elle réfléchit, puis me dit que, certes, ma phrase est correcte, elle comprend ce que je veux dire, mais on ne dit pas comme ça en japonais.

Forcément, je lui demande comment on dit l’expression « ne plus faire quelque chose me manque » et forcément, survient un moment de flottement, de réflexion de sa part.

Moment après lequel, elle me dit 「自転車に乗れないのでさびしいです。」


« さびしいです », c’est « être triste ».

Ainsi, littéralement 「自転車に乗れないのでさびしいです。」, cela se traduirait par « Je suis triste de ne pas pouvoir faire du vélo. »

« Triste », c’est un peu fort dans ce cas, n’est-ce pas ?

Mais « さびしい », dans notre cas, cela correspond plutôt à notre expression « ça me manque de ne plus faire »

Quant à « 恋しいです。 », en japonais, comme me l'explique Yumiko, cette forme est utilisée dans le cas de « X personne me manque » ou encore « Mon chat est mort, il me manque. »

Cette situation, en quelque sorte d'inversion des concepts et des formes verbales pour les traduire, est fréquente quand on essaye de traduire le japonais vers le français et réciproquement.

C'est pour cette raison, qu'il est insuffisant de se contenter d'un seul apprentissage de la langue.

Il est en effet tout aussi important de se sensibiliser à l’autre culture, afin de pouvoir saisir toutes ces nuances et proposer une traduction adéquate.

A l’inverse, si on ne s’en tient qu’à la langue, au mot à mot, cela aboutira forcément au malentendu et au risque de la perte de la relation avec notre interlocuteur japonais…


Yumiko me précise également, plus tard : 「ちなみに名詞を使えば、「恋しい」も使えます。でも文脈と、その名詞の意味で、使える時もあれば、使えない時もあります。」

A propos, si le sujet est mentionné, on peut utiliser 「恋しい」. Mais selon le contexte et la signification de ce sujet, il y a des cas où 「恋しい」 peut être utilisé et d’autres cas où il ne peut pas être utilisé.

Par exemple :

  • Est possible「旅行の間は自転車に乗れなかったので、自転車が恋しかった」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de vélo. Le vélo m’a manqué ».
  • N'est pas possible 「旅行の間は料理ができなくて、料理が恋しかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pufaire de cuisine. La cuisine m’a manqué »
  • Est possible「旅行の間は料理ができなくて、さびしかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de cuisine. Cela m’a manqué. »
  • Est possible「旅行の間は料理ができなくて、家の台所が恋しかったです。」Pendant mon voyage, je n’ai pas pu faire de cuisine. La cuisine de chez moi m’a manqué. »


Dans les premières années de mon apprentissage et de pratique du japonais, ce n'était pas si compliqué que cela et surtout que cela paraissait.

Mais après plusieurs années et dès lors que mes interlocuteurs japonais me livrent des explications plus précises sur leur langue et me corrigent plus en détail, je saisis toute l'ampleur de la complexité du japonais...

Ce ne serait donc pas la langue qui serait complexe, mais toutes ces nuances, qui sont directement reliées à la culture ?


Article publié le 03/09/2018


Le japonais, les "mots-pierres" de la relation !

  • Stéphane


A la rentrée de septembre, une question revient souvent de la part de personnes de tous âges, désireuses d’apprendre le japonais : « Combien de temps faut-il pour parler japonais ? »

C’est là la question ! « Parler japonais, en travaillant assidûment et en s’y consacrant à plein temps, il faut 7-8 années, je pense, pour avoir déjà un bon niveau. Mais ce n’est pas pour autant que l’on saura communiquer avec des Japonais. », je leur réponds depuis ces dernières années.

La spécificité du japonais, du moins par rapport au français et aux langues latines, c’est que dans la communication, il y a moins de 50% de verbal et le reste, que nous nommons non-verbal, corresponde à plus de 60%. Entre nous, le fait déjà de nommer « non-verbal » ce qui n’est pas verbal, c’est déjà verbaliser et cela devient verbal… Alors que c’est tout autre chose.

Gué d'une rivière.jpg
J’illustre mon propose de la façon suivante : « Quand il m’arrive de traduire du japonais vers le français, j’ai souvent l’impression que les phrases japonaises sont comme des gués sur des rivières : il y a quelques mots et, entre, il n’y a pas de mots.

Il y a du sous-entendu qui n’est pas verbalisé.

Par exemple, le sujet n’est pas toujours dit, si l’on parle de X sujet, on le nomme la première fois, mais plus ensuite : c’est acquis… »

De même, en présence de Japonais alors que je passais quelques jours chez eux et que je m’efforçais de faire de belles phrases telles qu’apprises en cours, l’amie japonaise me répondait par une succession de mots, sans forcément de verbe à la fin ni des post-particules présentes dans la langue japonaise.

Il y avait plein de trous dans ses phrases ! Mais ces « trous de mots » étaient pleins de ce que j’avais à compléter, à déduire, à deviner, à ressentir, selon la situation.

C’est ça la difficulté du japonais : deviner / déduire ce qui n’est pas dit par des mots !


Mais comment fait-on pour l’apprendre, car cela ne s’apprend pas à l’école ni dans les livres ?

Eh bien, comme me l’a bien résumé une future élève lors d’un échange avant la rentrée, cela nécessite que nous devions nous déconditionner.

???

En effet, en présence de personnes japonaises, celles-ci sont très sensibles à un nombre considérables d’informations, auxquelles nous n’avons généralement consciemment pas accès : la distance entre soi et notre interlocuteur, les odeurs, la tonalité de la voix, la posture, le rythmes de notre parole, les pauses, le regard, l’expression du visage et l’éventuelle contraction du corps et du visage…

Pour les Japonais, qui y sont habitués depuis même avant qu’ils soient nés (je suppose), toutes ces questions, de distance, de façon de regarder et de s’adresser à un autre, …, toute cela est quasiment inné tellement c’est acquis depuis la plus tendre enfance. Ce sont des codes sociaux profondément implantés dans la société japonaise depuis fort longtemps. De par ces codes partagés depuis des temps immémoriaux, les Japonais ont développé une très grande sensibilité qui leur permet de « lire » leur interlocuteur dans ce qu’il ne dit pas.

D’ailleurs, cela ne se fait pas pour les Japonais de montrer ce que l’on ressent, ce que l’on pense, du moins pas directement. Il faut le comprendre, par des voies indirectes, face à un interlocuteur qui ne montre rien et se comporte en adéquation avec ce que les codes sociaux préconisent dans chaque situation. D’où les notions japonaises très importantes d’« omoté » (devant, le visible, ce qui est directement accessible) et d’« ura » (derrière, en deçà, ce qui n’est pas directement accessible). (voir notre article « Culture et langue japonaises : ura et omote » http://wiki.quartier-japon.fr/wiki/index.php?title=Nos_diff%C3%A9rences#Culture_et_langue_japonaises_:_.22ura.22_et_.22omote.22)

A ce sujet, une de nos professeurs de japonais, m’a répondu, quand je lui ai demandé si la vie à Paris n’était pas difficile : « Au moins, ici, je n’ai pas besoin de toujours devoir chercher à deviner ce que l’autre a derrière la tête, qu’il ne montre pas, comme c’est le cas au Japon. Au Japon, on ne dit ni ne montre directement les choses et devoir ainsi deviner en permanence ce que veut / pense l’autre, c’est épuisant. Vous, les Français, c’est facile de le savoir : vous le dites directement et, sinon, cela se voit facilement sur votre vissage, dans votre façon de réagir ! ».

On peut ainsi supposer que cela aiguise la sensibilité des Japonais que de devoir en permanence chercher à deviner ce que l’autre veut dire, ainsi que leur sensibilité à ce qui vient des autres.


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Mais nous Français, qui sommes centrés sur notre individualité et qui avons généralement des faiblesses d’ouverture à l’autre, d’autant que souvent, nous avons une lecture intellectuelle de l’autre ?

Généralement, notre perception de l’autre est fortement impactée par ce que nous en supposons plus que par ce que nous en ressentons. Inconsciemment, nous n’avons ainsi pas forcément la même réaction d’accueil ou de fermeture selon, par exemple, le statut social de notre interlocuteur. Comment donc pouvons-nous « lire » cette importante partie non verbale du japonais ? Comment pouvons-nous « l’apprendre » ou du moins apprendre à le percevoir et à le ressentir ?

En nous familiarisant avec la culture et le mode de communication et d’être aux autres des Japonais. Et concrètement ? Surtout lorsque l’on est en France, dans un milieu franco français, loin du Japon ? C’est bien là la gageure !

Au préalable, comme l’a bien dit, à l’occasion de la rentrée de septembre 2019, une future élève de Quartier Japon, « il faut se déconditionner ». Se déconditionner de notre fonctionnement intellectuel. Se déconditionner, c’est sortir du prisme du tout intellectuel et s’ouvrir à autre chose que l’intellectuel et le verbal.

C’est se laisser toucher, émotionnellement, par autre chose, une culture et un contact différents. C’est ouvrir sa porte à quelque chose de nouveau, hors de notre zone de confort : je ressens quelque chose que je ne comprends pas dans x situation au contact d’une personne japonaise, lors du visionnage d’un film japonais dont je n’en augure pas la fin, à la lecture d’un roman dont le personnage principal meurt et disparaît de l’histoire dès la fin du premier chapitre, au contact d’une personne japonaise, je ne comprends pas pourquoi elle ne réagit pas comme les autres personnes occidentales réagissent dans cette même situation…

Dans ce cas, bien que je ne comprenne pas intellectuellement, je ne cherche pas pour autant à comprendre et j’essaye plutôt de me laisser aller vers cet inconnu qui se présente : certes, je vois bien que cette personne japonaise ne réagit pas comme les autres interlocuteurs occidentaux réagissent habituellement dans cette même situation, mais pour autant, il se passe autre chose, je suis dans une autre émotion inhabituelle… Sans plus pouvoir pressentir ce qui se passera par la suite au sein de cette relation, sans plus savoir si je fais bien ou pas aux yeux de mon interlocuteur japonais, je me laisse aller sans rien comprendre ni rien contrôler intellectuellement. Et quelque chose de nouveau se produit, que je n’avais pas pu anticiper ! C’est ce qui se passe quand on se lance à parler japonais à des Japonais, encore plus quand on est au Japon !


Comment donc aider nos étudiants en japonais à se familiariser à ce nouveau type d’expériences ? Comment les sensibiliser à cette nouvelle approche de la relation à l’autre, à ce nouveau savoir être ?

Déjà, en les mettant au contact d’enseignants japonais. En leur proposant des cours non pas organisés dans l’optique de les préparer à l’obtention d’un niveau à un examen (JLPT), car cela reviendrait à leur nourrir l’intellect. En leur proposant des cours organisés dans l’optique de stimuler leur potentiel émotionnel : des cours où l’expression orale est stimulée, des supports complémentaires à côté du manuel de langues, des temps de présentation de la culture japonaise à travers des ateliers de pratique culturelle (origami, calligraphie…), des temps axés sur la préparation d’un prochain futur voyage au Japon…

En dehors des cours, en leur proposant des supports complémentaires aux cours pour : • se familiariser à l’écoute du japonais, par le biais de radios FM japonaises à destination de Japonais, • découvrir la culture japonaise à travers la programmation régulière d’ateliers de pratiques culturelles, le partage de filmographie et de bibliographie, et aussi en présentant des films, des documentaires comme toutes autres manifestations susceptibles de leur permettre de s’approcher de la culture et, en retour, de s’ouvrir et de s’en imprégner, • pratiquer le japonais en se mettant en relation avec des Japonais apprenant le français, en France ou au Japon, pour effectuer des échanges de langues…

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Ainsi, cet étonnement et cette émotion, non intellectuels, qu’aura ressenti le« spectateur –interlocuteur » fera son chemin en son for intérieur. Dès lors que ce même effet se reproduira suite à des contacts répétés avec la culture japonaise, le lit de cette émotion s’ouvrira et peu à peu, au sein de la personne, un changement s’opérera bien sûr sans que la personne ne s’en rende compte.

Peu à peu, le déconditionnement s’opérera et un autre fonctionnement prendra place, qui laissera plus de place à l’émotionnel au côté de l’ancien fonctionnement tout intellectuel. Par conséquent, peu à peu, la langue japonaise sortira plus aisément et naturellement de la bouche de la personne, sans qu’elle ait eu préalablement besoin de penser sa phrase en français puis de la transcrire en japonais avant de l’exprimer. Peu à peu la façon de voir et de se comporter de la personne changera, elle deviendra plus sensible à ce qui ne se dit pas, elle sentira ce qui n’est pas dit par ses interlocuteurs japonais, ces « vides de mots » entre les « mots- pierres du gué ».

Puis, un jour, les Japonais eux-mêmes pourront ainsi vous dire « Tu es vraiment japonais ! », « Tu es comme un Japonais ! ». Le changement se sera fait naturellement, à son rythme ; tout progressivement, comme une gestation, pour donner la vie à un nouvel être franco-japonais.


Comme je faisais lire à un ami japonais cet article ci-dessus, il me répondit : « 日本語を学ぶことで、日本人の「空気を読む」「ふんいきを読む」「場を読む」などの非言語コミュニケーションを学ぶということは重要なことです。Quand on apprend le japonais, c’est important d’apprendre aussi la communication non-verbale, qui se trouve traduite dans les expressions japonaises très utilisées « Sentir la situation », « Lire son interlocuteur », « Sentir un endroit » ».


Article publié le 03/09/2018