Stéréotypes & a priori

De Quartier Japon Wiki.

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(Mon enfant souhaite prendre des cours de manga)
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zen, kamikaze, geisha... Tous les jours, ces mots sont utilisés dans un sens autre que celui qui leur est propre dans la langue et la culture japonaise.

Chaque jour, les médias, les films et nos discussions véhiculent tout un tas de stéréotypes et d'a priori sur le Japon, les Japonais et la culture japonaise.

Dans cette rubrique, nous nous proposons d'en déconstruire quelques uns.

Si vous aussi avez connaissance de certains d'entre eux et souhaitez contribuer à redonner leur sens original aux mots, ..., cette page est pour vous !



Sommaire

Emploi du mot kamikaze dans les articles de presse et dans les médias audiovisuels

  • Christian

Expert en Art Japonais. Vit à Paris


Le texte ci-dessous a été adressé aux rédactions de différents journaux français.

Les journalistes emploient régulièrement le mot kamikaze pour désigner les attaques suicides perpétuées par des islamistes ; ce mot ayant été retiré de son contexte historique, je crains que le sens en soit perdu et que son utilisation soit inadaptée.

Ce mot japonais désigne selon la traduction habituelle le « vent divin » qui sauva l’archipel de l’invasion mongole au 13ème siècle, puis il a été repris en 1944-45 pour parler des groupes spéciaux d’attaques, les tokkotaï qui devaient empêcher les Américains d’envahir le Japon. Ce terme kamikaze n’a pas été utilisé pour d’autres circonstances.

Ainsi en 1932, à Shanghaï, trois soldats japonais sont morts volontairement en portant une charge explosive contenue dans un bambou afin d’ouvrir une brèche dans des barbelés posés par des militaires chinois ; ces soldats sont dénommés, au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, Nikudan « balle de chair » mais pas kamikaze.

L‘aspect religieux du mot kamikaze, souvent omis, n’en est pas moins important, puisqu’il se rattache au shintoïsme, la « voie des Dieux », qui est une religion polythéiste.

Ces aspects historique et religieux montrent que ce terme ne peut correspondre à la mort volontaire que se donnent les musulmans pour affirmer leur foi en un Dieu unique.

Ces hommes ou ces femmes qui meurent en faisant couler le sang de personnes qui ne partagent pas leur foi se considèrent comme des martyrs, traduction du mot arabe shahid. Ce dernier mot ne pourrait-il pas alors remplacer dans les médias celui de kamikaze ?


Article paru le 13/12/2011


"Samouraï" mis à toutes les sauces !!

Sauce Samourai.jpg


Trouvé sur les rayons de ma supérette...

Sauce "Samouraï", la sauce épicée pour les guerriers !!!


Photo parue le 23/02/2012







Le Niransugo et les noms des « sushiya » parisiens

Genki sushi.jpg


Au Japon, quand un Français se promène au hasard des rues, il n’est pas rare qu’il tombe sur une enseigne de magasin écrite en français. Quelle surprise, dans cet environnement de kanji, de kana et de mots anglophones. Un bout de France à l’autre bout du monde !! Mais souvent l’incongruité des mots nous saute alors aux yeux. Car ce n’est pas vraiment du français, mais bien plutôt du franponais : cela ressemble au français, mais ce n’en est pas… Quelques exemples : « Crêpes de Cocorico », « Café Chez la Gare »

Eh bien, nous avons la même chose en France ; du Niransugo : « Genki sushi », « Suki Village » !

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Article paru le 04/06/2012


« Les mystères de Yoshiwara », de Kesako Matsui

  • Stéphane

Yoshiwara, vous connaissez ? Le grand quartier de plaisirs d’Edo (l’ancien nom de Tôkyô), de 1617 environ à 1958. (cf l’article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshiwara)

Immédiatement, « Yoshiwara », ce nom nous fait penser à l’univers des Geishas, au Monde Flottant des estampes… « Geisha », ce mot à lui seul nous évoque un tas d’images des plus diverses : prostituée de haut rang, raffinement, l’époque des samouraïs, les plaisirs charnels et esthétiques… Tout un tas d’images qui suscitent souvent nombres d’aprioris chez nous autres Occidentaux.

Il y quelques années auparavant, j’avais lu un roman et un docu-roman sur ce milieu et sur la condition de « geisha » - Yuki Inoué « Mémoires d'une geisha » et Sawako Ariyoshi « Le miroir des courtisanes », qui m’avaient tous deux marqué par leur érudition sur le sujet. Mais cette fois, en dévorant « Les mystères de Yoshiwara » de Kesako Matsui, j’ai vraiment découvert un autre visage de ce monde si complexe, d’autant plus à travers un tout nouvel angle d’approche.

Editions Philippe Picquier
Il s’agit en effet d’une sorte d’enquête policière, au cours de laquelle le lecteur est amené à appréhender la situation du point de vue de celui qui enquête. En cela aussi, cet angle d’approche et de construction nous roman m’a véritablement surpris et plu, à tel point que j’ai souhaité vous présenter cet ouvrage.

Dès les premières lignes, le lecteur –enquêteur découvre cet univers extrêmement codifié, à travers les dires des différents interlocuteurs qui occupent tous un rôle particulier, et complémentaire, au sein de ce milieu et dans l’affaire qui l’amène à enquêter. Ce point de vue apporte une fraicheur inhabituelle à ce récit, qui permet une description vivante des milles et un rituels codifiant ce milieu et les relations entre chacun de ses différents acteurs : les patrons des maisons de thé, les clients, les courtisanes des différents niveaux, les préposés aux lits, les tenanciers des établissements, les coupeuses de doigts et les trafiquants de petites filles…

Ainsi, saviez-vous que les courtisanes se coupaient autrefois parfois un doigt pour le faire porter à celui, parmi leurs meilleurs clients, auquel elles souhaitaient faire savoir qu’il comptait le plus pour elles. Avec le temps, en guise de doigt, une réplique en pâte de riz fit ensuite l’affaire. La réalisation de ces faux-doigts constituait par ailleurs l’un des innombrables petits métiers de Yoshiwara, qui se transmettait d’une femme à une autre, selon une espèce de concession.

Nombreuses sont les anecdotes de cet acabit, qui jalonnent les pages de cet ouvrage. Peu à peu, au grès de ces découvertes, ce récit nous amène à réaliser ce qui a motivé Katsuragi, la plus grande des courtisanes de son époque, à faire ce qu’elle fit…


Article paru le 26/01/2014


La culture française insensible à l’esthétique des lames japonaises ?

  • Christian,

Vit à Paris

Expert en Art Japonais, Président de l'association Zanshin Aïtoka

Exposition samourai.jpg
Depuis plus de trente ans en France, sans parler des musées qui présentent dans leurs expositions permanentes différents types de sabres japonais, se tiennent souvent des expositions temporaires montrant des armures de samouraïs et tout leur équipement.

Mais pourquoi ces lames sont-elles toujours présentées avec un éclairage direct et à 60 cm du sol sans tenir compte du type de la lame ? empêchant ainsi le visiteur d’en apprécier la qualité de la forge et la beauté du dessin de la trempe.

Si des musées montraient la Joconde posée à même le sol ou bien l’Olympia de Manet à l’envers, cela déclencherait des manifestations de rues !

Mais en France, le travail du fer ne peut être considéré comme artistique, tout au plus peut-il être artisanal.

Par contre, grâce aux impressionnistes, les estampes japonaises sont regardées en France avec admiration ; et les spécialistes en connaissent et distinguent les différents ateliers.

Les Français savent-ils qu’il existe plusieurs dizaines d’ateliers de forges de lames qui se reconnaissent par la texture de leur forge et le dessin de leur trempe ? L’exception culturelle française veut qu’une lame soit faite pour couper et non être admirée.

Peut-être pouvez-vous nous aider à changer ce regard ?


Article paru le 06/09/2014


Japonaise en kimono = forcément "geisha" pour les Français ?

  • Stéphane

Octobre 2014, je reçois la demande de la part d'un groupe international, pour l'organisation de leur évènement courant novembre. Parmi leur demande d'animations japonaises, on me demande de fournir des hôtesses en kimono afin de distribuer les programmes de l'évènement au public concerné.

Parmi les personnes japonaises avec lesquelles je travaille habituellement, rares sont celles qui ont un kimono et qui savent le mettre seules. En outre, plusieurs d'entre elles sont gênées par cette demande et acceptent uniquement parce qu'elles me connaissent et que cela me dépanne, mais visiblement à reculons. Je propose donc au client des hôtesses japonaises sans kimono, une seule d'entre elles pouvant être en kimono.

C'est la fin du monde, à entendre la réaction du client... Il leur faut "impérativement des personnes en tenues, indépendamment de la tenue, japonaise ou non, du moment que dedans ce ne soit pas des grands blonds avec des yeux bleus" (dixit le client).

Champigny 2.jpg
Je comprends rapidement qu'il s'agit d'une question d'image, image interne et image externe, car le groupe envisage de se rapprocher de partenaires japonais, afin de "businesser" sur le marché Nippon.

Je repars donc à la recherche auprès d'autres réseaux de personnes de ma connaissance, car je préfère faire le maximum afin de leur trouver des Japonais en kimono, pour éviter que d'autres asiatiques n'assurent la prestation en robe chinoise, par exemple, en se faisant passer pour des Japonais en kimono...

Après l'évènement, Akiko, l'une des hôtesses sollicitées, me permet de comprendre ce qui l'a faite hésiter à accepter ma demande : "Mettre des Japonaises en kimono, pour distribuer leurs flyers", c'est pour eux faire de nous des "geisha", exotiques. C'est réduire les Japonaises à des geisha, dès lors que nous sommes en kimono".

C'est pas faux, me dis-je. Je n'avais pas pensé à ça ni comme ça. Je pensais juste que cela les gênait d'aller de l'avant pour accoster des inconnus pour leur remettre les programmes.

Quelques jours plus tard, l'une des fidèles élèves de Quartier Japon qui travaille pour ledit groupe, me raconte comment ses collègues ont réagi à l'annonce du programme de l'évènement : "il y aura des geisha, en kimono !".

C'est vrai, nous avons tous deux réalisé. Nous sommes tellement dans le bain japonais, que nous ne nous rendons plus compte... Pour de nombreux Français qui ne connaissent pas la culture japonaise, c'est forcément qu'une Japonaise en kimono = geisha !...

C'est loin d'être méchant de la part des Français, mais cela peut être très mal vécu par de nombreux Japonais, qui ne peuvent pas eux non plus savoir pourquoi les Français font ce qu'ils font...


Article paru le 01/12/2014




La culture japonaise, ça se consomme ?

  • Stéphane

De temps en temps et plus encore en période de stress (pour x raison que j’ignore) afflue des demandes par mail et par téléphone de contenus japonais, des demandes / exigences toujours pressées et parfois bizarres :

« Nous sommes une agence évènementielle et nous cherchons pour un évènement, la semaine prochaine, des danses de Geisha et de Samourai ! »

« Je veux offrir en bon cadeau un cours de calligraphie. C’est assez pressé : c’est pour demain ! »

« Je veux inscrire mon fils au cours de manga de demain. »

« Nous voulons offrir son portrait en manga, en format affiche, pour un collègue qui part de l’entreprise. Merci de m’indiquer vos conditions. C’est pour lundi » (nous sommes le vendredi…) ...

C’est toujours au dernier moment, toujours pressé, et généralement, la question « Combien ça coûte ? » fait aussi partie du message. A part ces désidératas, aucune préoccupation quant à la faisabilité, s’il reste de la place au cours souhaité… L’important, c’est que ça soit tout de suite et tel qu’on le veut. Comme n’importe quel produit manufacturé que l’on peut acheter et consommer en 2-3 clics sur un site Internet !

Chaque fois, je tombe des nues, puis je m’en énerve, de ce type de contact de consommation culturelle. D’autant que d’autres personnes, heureusement plus nombreuses, sont dans un tout autre rapport quand elles prennent contact pour un cours, pour un bon cadeau, pour un évènement… Dans ce cas, leur demande ne me donne pas pour impression de n’être basée que sur un simple rapport de consommation.

Il y a autre chose, liée à la relation humaine, le désir de découverte et de faire partager, l’humilité face à une autre culture…

De plus en plus, j’ai tendance à ne privilégier que ce second type de demandes… Certes, c’est plus agréable pour moi, je ressens et reçois davantage de belles énergies qui me donnent envie et la force pour continuer ce que je fais. Au-delà, il y a également, me semble-t-il, bien autre chose en rapport avec la culture japonaise.

Cette seconde attitude, que je qualifierais d’humble, me semble particulièrement en adéquation avec la culture japonaise.


Et vous, qu’en pensez-vous de cette question que je me pose : Dès lors que l’on ne se positionne pas dans une position et dans un état d’esprit humble face à l’autre et à sa culture différente, peut-on l’appréhender autrement que de façon superficielle ? Donc dans un rapport de consommation.

Par contre, lorsque l’on est affectivement dans une attitude d’humilité, ce serait comme si on pouvait trouver le dénominateur commun entre nous et la culture japonaise, par exemple.


Ainsi, une fois la barrière des clichés, des aprioris et des fantasmes passée, on accèderait alors par une petite porte de service qui donnerait sur l’intérieur de la résidence « Japon - Culture japonaise ».

Quelque chose de nous et de notre nature pourrait dès lors être reliée à cette autre humanité puis pourrait être imprégnée de ce qui fait la culture japonaise au-delà des clichés, au gré des échanges avec des Japonais.

Petit à petit, au gré de nos rencontres et de nos expériences japonaises, une partie insoupçonnée de nous-même s’ouvrirait et croîtrait progressivement, alimentée par une « partie en résonance » rencontrée dans ces relations avec des interlocuteurs Japonais.

Delà, progression possible dans notre pratique de la langue japonaise comme dans la pratique des autres arts japonais (calligraphie, ikebana…).


Une lente imprégnation forcément concomitante à une modification de nos façons d’être, de penser et d’être en relation avec d’autres êtres humains s’ensuivrait, en même temps que l’on se sentirait plus proche des Japonais et de la culture japonaise.

En contrepartie, la distance s’accroîtrait d’avec les personnes aux modes de fonctionnement essentiellement basés sur la consommation immédiate et le « commerce culturel ».


Bien sûr, cela ne me semble pas valable uniquement vis-à-vis de la culture japonaise et des Japonais, mais bien valable pour toutes les cultures.

Mais peut-être ce qui fait la différence entre les Japonais et certaines autres cultures, c’est que cette attitude basée sur l’humilité et la modestie, comme étant un prérequis indispensable pour toute imprégnation de leur culture, me semble plus nécessaire, voire indispensable.

Parce que la culture japonaise et le rapport interhumains basés sur la modestie sont l’une des clés de la civilisation japonaise.


Article paru le 30/03/2015

Emploi du mot secte pour les religions asiatiques

  • Christian, Expert en Art et en culture Japonais

Nous pouvons constater que le mot secte, appartenant au vocabulaire ecclésiastique est employé depuis toujours par les spécialistes occidentaux (Français, Anglais, Italiens…) pour parler des religions asiatiques.

Shu secte.png
L’étymologie suppose une double origine latine, à savoir celle de "seccare", couper (qui a également donné les mots sécante et sécateur) et celle de "sequi", suivre un maître, dissident de l’Eglise catholique.

Dans les deux cas, il s’agit d’un terme plein de mépris qui désigne des mouvements jugés hérétiques.

Ce mot a été utilisé comme traduction du caractère japonais "shû", puisque les religieux japonais parlent de la Tendaï shû, Shingon shû, Kegon shû, Jôdô shû, Zen shû…

Voyons rapidement quelques auteurs occidentaux qui ont employé le mot secte. > Au 13e siècle, Marco Polo dans son Livre des Merveilles utilise le mot secte pour désigner les Musulmans, mais pour les Tartares de Kubilaï Kahn et les Chinois de la ville de Hangzou, il emploie le terme d’idolâtres, ignorant complètement les religions bouddhistes et taoïstes.

> Au 16e siècle, les Jésuites François Xavier et Loïs Frois ont parlé dans leurs écrits des sectes bouddhistes et shintoïstes.

> Du 17e au 19e siècles, en Chine, les Franciscains, Lazaristes et Jésuites ont décrit les croyances des sectes bouddhistes et taoïstes, le confucianisme étant davantage considéré comme un système social.

> A la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, Fujishima Ryöon (1889) et E.Steinliber-Oberlin (1930) ont décrit dans leurs livres, avec une certaine précision, les 12 sectes du bouddhisme japonais.

> En 1985, Yves Raguin, s.j., dans sa Terminologie raisonnée du Bouddhisme chinois a traduit le caractère tsung (jap. shû) par doctrine fondamentale et Tsung paï (jap. shû ha) par école ou secte.

> En 2015, a été publié un livre sur les 50 maîtres de bouddhisme chinois, écrit par Christian Cochini, s.j., dans lequel il parle des sectes et des écoles de pensée.


Il faut préciser que tous les universitaires, donc théoriquement laïcs, ont repris ce terme péjoratif pour désigner les confessions bouddhistes, taoïstes et shintoïstes suivant ainsi les religieux du passé ou contemporains. Cette utilisation systématique montre la profondeur de l’imprégnation du monde catholique dans notre civilisation occidentale.

Toutefois René Sieffert, dans son livre « Histoire des religions du Japon » (années 1960), s’est posé la question de l’emploi de ce terme secte ; il a formulé ainsi l’utilisation répétitive de ce mot en écrivant : « conformément à l’usage, j’emploie le mot « secte ». »

Mais depuis une vingtaine d’années, certains universitaires ou chercheurs traduisent le mot shû par école, estimant peut-être le mot secte inadéquat.

Pour quelle raison emploie-t-on ce mot péjoratif à la place du mot Eglise qui semble être réservé aux seules Eglises catholiques et protestantes ?

La réponse est dans l’histoire de l’Eglise catholique. Sous Constantin, empereur depuis 306, fut promulgué l’édit de Milan en 313, qui donnait l’autorisation à tous les cultes d’être pratiqués, dont le Christianisme, interdit jusque-là. Quelques décennies plus tard, l’empereur Théodose, luttant contre les hérésies chrétiennes et le paganisme, a promulgué en 380, l’édit de Thessalonique. Celui-ci, assez court, définit la croyance des Catholiques, à savoir « l’unique Divinité du Père et du Fils et du Saint Esprit » puis déclare que les autres, donc les hérétiques et les païens « que nous jugeons déments et insensés, assument l’infamie de l’hérésie » ; « leurs assemblées ne pourront pas recevoir le nom d’Eglise et ils seront l’objet d’abord de la vengeance divine… »

La société française qui se définit comme laïque obéit donc depuis le 4e siècle aux injonctions de l’Eglise catholique, d’où une certaine difficulté plus ou moins consciente à reconnaître voire à accepter les autres religions.


Article paru le 21/07/2016


La calligraphie, quelques stéréotypes

  • 1ère anecdote :

Samedi après-midi, chez Quartier Japon, commencera dans quelques instants le cours collectif de calligraphie mensuel. Nos habitués, depuis 3-4-5-6 ans selon les personnes, finissent de s’installer ou ont déjà commencé leurs premiers exercices de calligraphie. Bien que la salle paraisse remplie, car chacun est installé à son aise, ses affaires à l’écart de l’endroit de la table réservée à la calligraphie, pas un bruit dans la salle, une atmosphère dense propre à cette classe, spécifiquement, que je retrouve également dans le cours d’ikebana, l’arrangement floral japonais.

Au premier rang, devant la table de la calligraphe, les nouveaux élèves, des débutants, qui n’ont jamais pratiqué mais auxquels a été offert un bon cadeau de calligraphie ou / et qui ont souhaité participer et découvrir la calligraphie, par ce premier cours. Parmi ces trois personnes, l’une d’entre elle a les yeux rivés sur son smartphone, visiblement en plein échange SMS ou mail. Elle ne le lâchera visiblement qu’avec regret lorsque la calligraphe commencera à leur expliquer les bases de la calligraphie japonaise, en leur commentant le petit document qu’elle leur aura remis.

3 heures plus tard, lorsque le cours se terminera, la personne au smartphone quittera rapidement le cours, comme son demander son reste, mécontente d’avoir passé plus de deux heures à faire des gouttes, des points et des traits avec son pinceau.


  • 2nde anecdote :
Merci
Le téléphone sonne à la maison : c’est une personne intéressée par prendre un cours de calligraphie.

Elle n’en a jamais fait, mais elle pratique depuis plusieurs années le zen.

Calligraphie et zen étant associés dans son esprit, elle souhaite débuter cette nouvelle activité, avec vraisemblablement l’idée de s’inscrire ensuite à de futurs cours après son premier cours de calligraphie.

Le jour dit, alors que je passe dans la salle au cours de l’atelier, je note bien une personne, parmi les nouvelles, dont les gestes, la position du bras qui tient le pinceau, me paraissent rigides, car retenus et crispés.

A la suite du cours, après que j’aurai mailé mon courriel de remerciement aux nouvelles personnes pour leur présence à notre cours, une seule ne me répondra pas. Quelques semaines plus tard, elle m’adressera un courriel pour ne plus recevoir de courriel de la part de Quartier Japon.


  • 3ème anecdote :

Cette nouvelle participante avant reçu un bon cadeau pour un cours de calligraphie, de la part de son mari, pour son anniversaire. A la pause, je lui demande si le cours lui plaît.

Quelle surprise, face à sa réaction « Vous ne devriez pas mélanger avec des personnes qui en font (de la calligraphie) depuis plusieurs années ! C’est frustrant !! » Face à ma mine interrogative, elle poursuivit « J’ai passé tout le début du cours à ne faire que des gouttes !! C’est très frustrant ! Il faut prévenir les gens avant !!! »

Alors que nos cours de calligraphie mêlent, depuis plus de 6-7 ans, des participants de niveaux différents, dont des personnes découvrant la calligraphie et que ce cours rencontre un véritable engouement, à tel point que nos cours sont quasi-réservés et complets près de 6 mois à l’avance, j’ai été plutôt interloqué face à la véhémence de cette réaction.

« La calligraphie, c’est comme cela qu’elle s’enseigne. Les personnes font, d’abord, des points et des traits. Ce sont les bases de la calligraphie ! »

Un peu calmée, la personne m’a remercié de mon explication, avant de retourner en cours.


Toujours sous le choc de cette première réaction, j’en parle à l’une de nos personnes habituées, qui pratique avec Quartier Japon depuis déjà plusieurs années : « Nous aussi, on a commencé par faire les points et les traits », me dit-elle, elle aussi pareillement un peu interloquée. « Calligraphier, un kanji, ça ne se fait pas comme ça ! », elle ajouta.


Article paru le 08/10/2017


Lequel photographier : cliché ou réalité ?

  • Stéphane

A l’occasion d’un récent rendez-vous pour organiser un évènement japonais pour une soirée, l’un des co-organisateurs souhaitait des intervenants japonais en kimono, du thé matcha, de l’ikebana, « ç’aurait été bien des geisha »…

Bien sûr, il avait auparavant déjà organisé d’autres animations, dont le buffet autour de sushis et de saké.


Cela m’a rappelé une question que je me suis posée plusieurs fois lors de mon dernier voyage au Japon, à peine un mois auparavant : quoi prendre en photo ?

• Des images qui vont dans le sens du Japon d’autrefois, des traces de ce Japon que nous idéalisons et que nous stéréotypons ?

• Ou le Japon tel qu’il est de nos jours, à savoir un Japon contemporain avec, ça et là, des vestiges pour rappeler le Japon d’autrefois ?


A mon retour à Paris, il était en effet prévu que je me rende dans deux écoles primaires, afin de présenter, à des enfants de 7 ans et de 11 ans, le Japon et la culture japonaise à travers des projections de photographies et des explications.

Temple ZUIRYUJI Jinja
Qu’allais-je leur montrer du Japon ?
Campagne japonaise

• Des images du Japon tel que nous le voyons en imagination et tel que les médias nous le montrent généralement ? Le Japon ancien : les temples, les personnes en kimono, le contraste « Japon, entre tradition et modernité », les belles couleurs du Japon à l’automne, les cerisiers en fleurs, les beaux jardins japonais… ?

• Ou le Japon tel que je le vois dans les rues, dans les gares, à la campagne, à travers les vitres du train, dans la vie de tous les jours… ?


Et par conséquent,

• j’essaye de faire des photos clichés, qui renvoient de belles images du Japon et qui vont venir renforcer cette image idéalisée que l’on a du Japon ?

• Ou je fais des photos de ce que mes yeux voient, de ce qui est différent de la France dans la vie quotidienne, de ce qui m’attire l’attention, parce que c’est différent de chez nous, parce que je ne comprends pourquoi c’est comme cela au Japon, parce que cela ne correspond pas du tout à ce que j’en imaginais du Japon ?...


Finalement, j’ai pris des photos des deux.

Et lorsque je suis allé dans les classes, devant les enfants et leur enseignant, j’ai essayé de leur montrer les deux et de leur expliquer des choses du Japon d’autrefois et également, des choses du Japon actuel, de la vie de tous les jours. (voir l'article "Quelles questions les enfants ont sur le Japon ?")



Article paru le 07/06/2018



Mon enfant souhaite prendre des cours de manga

  • Stéphane

Fin 2017, une journaliste du journal "Le Monde des Ados" me propose de répondre à quelques questions, pour permettre de donner des arguments à Amélia, une jeune lectrice désireuse de suivre des cours de manga, pour l'aider à convaincre ses parents réticents, qui ont une image peu flatteuse du manga.

L'échange ci-dessous reconstitue les questions posées et reprend l'article publié dans "Le Monde des Ados N°377 de décembre 2017".


Le Monde des Ados : Que pouvez-vous dire à Amélia pour l'aider à convaincre ses parents ?

Stéphane : Amélia, ton père n'est pas à l'aise avec ce type de littérature car il ne retrouve pas les codes classiques de la BD et de notre société occidentale. Peut-être a-t-il du mal à se remettre en question, comme la plupart des adultes ! Alors, voici quelques clés de compréhension de l'univers manga qui éveilleront, peut-être, sa curiosité.

Les mangas présentent un monde différent, celui de la culture japonaise : les divinités sont partout, les hommes communiquent avec les éléments naturels, il n'y a pas de frontière entre le monde des morts et celui des vivants. Les gens semblent gentils et libres. Le respect des anciens est primordial. Cet univers vous fascine car il casse les codes que vous connaissez. Il vous permet d'entrer dans un monde de tous les possibles, qui surprend sans cesse, contrairement au monde occidental beaucoup plus rationnel. Le monde des mangas vous attire car les repères sont à créer et vous y avez une place.

C'est normal que ton père soit dubitatif, car ce monde lui échappe. Alors, invite-le à lire des mangas mais aussi à découvrir la calligraphie, l'origami et la culture japonaise. montre-lui qu'au-delà de tes lectures, tu apprends de cette tradition des valeurs d'entraide, la concentration, la persévérance, un nouveau code graphique. Bien sûr, les mangas ne sont pas des manuels scolaires, mais ces supports vont éveiller la créativité et peut-être te donner envie d'approfondir cette culture. Enfin, mieux vaut se plonger dans un livre que de se vautrer devant la TV avec un smartphone à la main. Non ?


Juin 2019, face à ce que je vois les mercredis et les samedis chaque fois que je visite les classes de notre formation de mangaka, et surtout face à l'évolution des dessins des participants mais aussi face à leur ouverture et à leur progressif épanouissement tout au long de l'année, je demande à plusieurs élèves et à leurs parents de répondre à quelques questions, pour avoir leur point de vue sur les cours de manga qu'ils suivent / qu'ils permettent de suivre à leurs enfants.


*Cécile et Olivier, parents de Elsa., 17 ans – Elève chez Quartier Japon depuis août 2017

avril 2019

QJ : Comment votre fille, Elsa, est venue au manga et aux cours de Quartier Japon ?

C. & O. C. : Elsa n’est pas originaire d’une famille d’artistes mais on a détecté très tôt son talent pour le dessin. A Pau, où nous habitions avant de venir en Île-de-France, nous l’avions inscrite à l’atelier de dessin « Comme un pinceau dans l’eau ». Les cours étaient dispensés par Sylvain Brosset, dessinateur, illustrateur, coloriste et auteur de BD (Corneil & Bernie). Elsa a commencé à apprendre les bases du dessin et a beaucoup progressé.

Arrivés en Île-de-France, nous avons voulu retrouver une école équivalente en termes de qualité d’enseignement et d’ambiance. Nous avons fait des recherches sur Internet et nous avons trouvé une école de dessin dans une commune proche de notre domicile. Après un cours d’essai, Elsa n’a pas souhaité s’y inscrire car cette école donnait des cours de dessin purement académique, la convivialité n’était pas au rendez-vous.

Après quelques jours, le hasard nous a fait pousser la porte du magasin « La Palette du Faubourg », à côté de la place de la République à Paris, pour l’achat de matériel de dessin. Nous avons demandé alors à la personne qui nous a accueillis si elle ne connaissait pas une école de dessin pour les ados. C’est à ce moment-là que nous avons entendu parler du Quartier Japon et de David. Nous avons inscrit Elsa pour un cours d’essai. Elsa a tout de suite adhéré car elle retrouvait ce qu’elle avait connu à Pau : apprendre dans la bonne humeur.

Concernant le manga, au départ, ce n’était pas quelque chose à laquelle nous avions pensé. Nous recherchions pour Elsa un cours de dessin plus « traditionnel », car Elsa souhaitait s’orienter vers des études de graphisme. Mais finalement, après ces années de cours de manga, on peut affirmer que les bases et les techniques sont les mêmes que pour des dessins plus classiques. Certaines règles sont universelles : la perspective, les ombres et lumières…


QJ : Au fil des années de cours de manga chez Quartier Japon, vous avez constaté une évolution chez Elsa ?

C. & O. C. : Après avoir découvert les cours de Quartier Japon, Elsa avait davantage envie de dessiner à la maison pour mettre en application les conseils donnés par David.

Avec le recul on peut constater qu’Elsa a gagné en confiance et en autonomie. Elle s’est ouverte car il y a beaucoup d’échanges entre les élèves pendant les cours mais également au moment d’organiser leur présence sur différents salons (Japan Expo, festival de Limours). D’ailleurs, Elsa a réalisé des portraits manga sur les salons suite aux commandes passées par des visiteurs. Ca lui a permis, en plus de gagner quelques euros, d’apprendre à « se vendre » et à reconnaître ses progrès.


QJ : Qu’est ce qui fait que les cours et David, dans sa façon de faire, apportent aux élèves ? Comment ça se traduit ?

C. & O. C. : On peut dire que David est un professeur doué d’une grande pédagogie, disponible pour ses élèves, très encourageant et toujours d’excellente humeur.

Sa joie est d’ailleurs communicative. On a pu constater qu’Elsa a fait d’énormes progrès grâce à ses précieux conseils et sa connaissance des techniques du dessin. Les progrès d’Elsa se remarquent aussi dans sa scolarité puisque sa moyenne en arts plastiques est excellente, c’est très important pour elle, car elle souhaite s’orienter vers une école d’art après son BAC.

En l’absence de David, des intervenants assurent les cours. Elsa les apprécie également car ils apportent une autre vision, des connaissances complémentaires (scénarios, maîtrise des couleurs, aquarelles…). Ils partagent aussi leurs expériences, leurs parcours professionnels aux élèves, c’est très enrichissant.

En conclusion, pour les autres parents : si, comme nous au départ, vous avez des doutes, ou peut-être des craintes pour certains, « d’enfermer » vos enfants dans ce style spécifique qu’est le manga, ils peuvent être rassurés, ce n’est pas le cas. Ils pourront s’adapter à tous les styles de graphisme.


*Elsa., 17 ans – Elève chez Quartier Japon depuis août 2017

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QJ : Concernant la formation de mangaka, son organisation et notamment le fait de faire intervenir d’autres intervenants en plus de David, tu aurais quelque chose à nous dire ?

E.C. : J’adore qu’il y ait des remplaçants, car cela apporte la diversité : diversité des techniques, des discussions... Cela apporte des choses que l’on ne voit pas forcément avec David (David est le référent de la formation de mangaka et des activités manga de Quartier Japon). Des fois, ce n’est pas David qui anime pendant plusieurs semaines, mais je crois que c’est bien. Par cette organisation, on voit plein de choses diverses pendant les cours, qui n’ont pas forcément trait au manga. Cela nous permet de dépasser un peu l’idée que l’on peut avoir du manga : par exemple, avec les cours et les intervenants spécialisés dans le scénario, ils nous permettent de travailler sur autre chose de plus large que le manga, sur le texte…

Et puis, c’est aussi une ambiance différente : on s’entend bien avec les remplaçants, ils nous apportent toujours quelque chose. Cela nous permet de voir un autre style que celui de David. On peut donc voir d’autres styles, d’autres choses plus larges que le manga, ce qui nous permet de voir ce que l’on souhaite faire nous-mêmes.


QJ : D’un point de vue personnel, les cours t’apportent quelque chose ?

E.C. : Prendre des cours sur plusieurs années, cela permet de voir notre propre évolution en même temps que la progression des autres participants.

Au niveau perso et psychologique, j’ai beaucoup changé ; même au niveau du comportement, j’ai beaucoup changé. Que de bonnes choses ! Une évolution dans le bon sens !


QJ : Qu’aurais-tu à dire à quelqu’un qui voudrait prendre de cours et qui ne connaîtrait pas Quartier Japon ?

E.C. : Il va forcément apprendre sur le dessin et sur le manga, voir plein de techniques différentes. S’il a des aprioris, des clichés sur le manga, cela va disparaitre : il va voir que c’est différent que ce qu’il imaginait. Sur le plan perso, sa mentalité va changer, sur le dessin, sur le manga, sur le monde en général.

Ce n’est pas comme les autres cours académiques, dans lesquels on fait ça, on voit telle technique du dessin à une heure définie par avance. Pendant les cours de Quartier Japon, là on fait autre chose, c’est moins barbant. Il y a de la discussion, un échange, du professeur vers les élèves du cours et les élèves tirent quelque chose de la part du prof : des conseils, quelque chose pour évoluer... C’est lié au fait que David soit sympa et qu’il n’est pas un prof directif. Il dit bien sûr si quelque chose dans nos dessins, dans nos planches ne va pas. Il le dit mais pas que cela, il le dit mais à sa façon, de façon douce et bienveillante, ce qui va faire que l’on change. C’est réellement un plus, que d’avoir un prof investi et rayonnant ! On sent que c’est un pilier de notre progression et notre évolution !

Il y a aussi des discussions entre les élèves eux-mêmes : on se dit ce qui peut être amélioré dans notre dessin, on se parle des mangas de chacun, des mangakas que l’on connaît et que l’on aime. Grâce à ces échanges, cela crée une amitié plus forte entre nous.


QJ : Qu’est-ce qui fait que David vous aide à progresser ?

E.C. : Dans sa façon de faire : son caractère, sa personnalité. Il est toujours de bonne humeur, il veut que l’on progresse, il est fier que l’on progresse.

Si ce n’est pas bien ce que l’on fait, il le dit mais d’une façon accueillante et cela nous permet de mieux comprendre nos erreurs et nos points faibles. Par rapport à la première année quand je suis arrivé à la formation de Quartier Japon, par rapport à maintenant, j’ai plus confiance en moi. Avant, quand je voyais dans mes dessins quelque chose qui ne me plaisait pas, avant, je le jetais. Mais maintenant, je me dis « ah, je vais retoucher ça et ça… », je ne le jette plus. Maintenant, je suis plus confiante, plus honnête vis-à-vis de moi tout comme je peux dire les choses aux autres.

J’ai remercié David, parce qu’il m’a aidé à changer ! Pendant les premiers cours, j’étais au fond de la salle, toute seule et sans parler à personne. Et David est venu vers moi pour regarder mon dessin et me dire « ça, c’est bien… ». D’autres filles, qui participaient au cours, aussi sont venues pour voir ce que je faisais et elles ont regardé mes dessins. Ca aussi, ça m’a aidé à m’ouvrir.


*Fabienne, maman de Yann T., 16 ans – Elève chez Quartier Japon depuis août 2013

Mars 2019

Bonjour, je m’appelle Fabienne, maman de Yann, élève à Quartier Japon en formation Mangaka depuis l’âge de 10 ans. A propos de la formation Mangaka !, c’est avant tout un esprit. Un esprit d’équipe associé à un art de vivre que Dao (le mangaka) distille en permanence à ses élèves et ça marche.

C’est comme si, ils avaient créé un univers qui leur soit propre et dans lequel ils peuvent rire, travailler, échanger, s’épanouir, faire des erreurs sans aucune contrariété extérieure. Là-bas, ils sont dans leur cocon et s’y sentent bien. En dehors du fait que Yann a énormément profité des enseignements riches et variés de la formation, il n’a pas été élu lauréat 2018, ni remporté le prix « Jeune Talent » et le prix du public de sa ville (Rosny sous Bois) par hasard ; c’est tout simplement le résultat d’un parcours assidu au sein de l’équipe magaka représentée par David et ses confrères.

Pour être tout à fait claire, elle est pour Yann sa deuxième maison, là où on est content de rentrer. En tant que maman, je remercie également Stéphane (administrateur de Quartier Japon) et toute son équipe pour leur accueil chaleureux et la qualité de leur travail. Bonne continuation à vous tous,

Je vous recommande +++.


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En plus de mon témoignage, je vous propose de petit mode opératoire (ou fiche technique) de la formation mangaka, comme je peux en établir dans mon travail pour mes automates de laboratoire (déformation professionnelle ?^_^).





*Yann T., 16 ans – Elève chez Quartier Japon depuis août 2013

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QJ : Comment es-tu venu au manga et aux cours de Quartier Japon ?

Y.T. : Au début, de base, j’aimais le dessin, cela me plaisait. Puis, j’ai participé à un atelier de manga (en juin 2013) chez Miki House (magasin japonais de vêtements pour enfant, à Paris)et cela a super accroché avec David, qui animait cet atelier (David est le référent de la formation de mangaka et des activités manga de Quartier Japon). C’est pour cela que j’ai voulu continuer. J’aimais déjà beaucoup le dessin, plus jeune, et j’avais fait une longue pause pendant laquelle je ne dessinais plus. Quand il y a eu l’atelier chez Miki House, ma mère m’en avait parlé. Comme cela m’avait plu et que j’avais accroché avec David, j’étais ensuite venu à un stage chez de manga, l’été, chez Quartier Japon. Cela aussi m’avait plu et j’avais ensuite pris des cours de manga à l’année.

A présent, si je regarde mes dessins d’avant, je trouve que c’est moche, mais j’ai aussi l’impression de progresser. Au début, dans la formation de mangaka chez Quartier Japon, c’était plus une activité, comme une autre : j’aimais bien le dessin. Par la suite, c’était aussi l’ambiance des cours et des groupes. Et il y a eu ensuite de la compétitivité avec Alex et d’autres élèves du cours : dessiner pour être premier aux concours, parce que les autres avaient un bon niveau et je voulais faire aussi bien et même mieux qu’eux ! A présent, je vois qu’il peut y avoir un avenir avec ça, la formation de mangaka. Déjà, je vais faire une seconde puis un bac « arts appliqué » et cela me permettra de m’ouvrir à des choses pour mon futur. J’ai déjà fait une exposition et il y a aussi les projets de Quartier Japon, comme le fanzine, un stand en convention pour Japon Expo, …, qui nous présentent aussi le côté professionnalisant du manga. De pouvoir participer à des projets comme ceux-là, c’est un plus par rapport à d’autres cours dans d’autres écoles. On peut ainsi progresser pendant les cours, tout en pouvant rentrer dans une démarche presque professionnelle, tout cela entre amis, avec des personnes que l’on apprécie. Ca donne envie de se dépasser.


QJ : D’un point de vue personnel, les cours t’apportent quelque chose ?

Y.T. : J’ai commencé quand j’étais petit, à 10 ans, donc, je n’avais pas d’ambition nette par rapport au futur. Je ne me projetais pas dans le futur. Désormais, participer aux cours de manga depuis 6 ans, cela m’a pas mal forgé et c’est devenu naturel, pour moi, de venir le samedi. Les amis des cours de manga, c’est devenu une sorte de mini famille. Je les retrouve chaque samedi, je fais quelque chose qui me plaît et je me donne au maximum pour faire quelque chose qui m’apporte et qui correspond à mes rêves : le moi d’aujourd’hui serait complètement différent de celui qu’il aurait été si je n’avais pas découvert Quartier Japon et le manga.


QJ : Concernant les cours, leur organisation, tu aurais quelque chose à nous dire ?

Y.T. : Ce ne sont pas des cours académiques. Les cours sont super, au sens où pendant les cours, on étudie beaucoup de choses mais on n’est pas là assis, à écouter un prof. Ce sont plus qu’un simple cours, où on serait à apprendre, assis de la part d’un prof. : on n’est pas coincé, on vit le cour. Les cours sont très vivants. En plus, David emmène avec lui les élèves dans des conventions, ce qui apporte un plus. Parfois, d’autres intervenants que David, viennent faire les cours et cela nous apporte un flux d’informations. Car ces autres intervenants ont chacun une spécialité, un univers différents de celui de David. Le fait que l’on progresse, pendant les cours, provient de ce que l’on est là, non pas parce que l’on est forcé, on ne subit pas la chose, les cours, comme à l’école. On est aux cours de manga parce que l’on a envie d’y être, on est content.


Article paru le 10/06/2019