Les Japonais, la France et les Français

De Quartier Japon Wiki.

Mairie de Paris


Bien souvent, nous les Français nous savons et croyons connaître de nombreuses choses sur le Japon et les Japonais. Nous avons cependant beaucoup d’a prioris et de stéréotypes…

Tout pareillement, les Japonais connaissent de nombreuses choses sur la France et les Français et véhiculent également une certaine image et autres idées préconçues de notre pays et de ses habitants.

Cette rubrique est l’occasion pour nos amis japonais de nous instruire de ces images et de nous faire découvrir comment ils nous perçoivent.






Sommaire

ひろあき - Hiroaki

(45 ans) - En France depuis 15 ans

  • "Les trains et le métro en France"


J’ai peu voyagé à travers la France, c’est pour cela que je ne pourrai parler que des déplacements dans Paris. En premier lieu, ce que j’ai remarqué comparé au Japon, c’est que les gares du métro, du RER, et de la SNCF sont extrêmement sales. De même, c’est sale à l’intérieur des trains.

C’est très sale à tel point que je me demande si le nettoyage est effectué. Mais probablement qu’il est fait. Je pense qu’il y a tellement de gens qui salissent que le nettoyage quotidien ne suffit pas. Les wagons des lignes 1, 13 et 14 sont plutôt propres, mais par contre, sur les autres lignes, les wagons sont parfois incroyablement sales.

Dans les gares, par exemple à Saint-Lazare, j’ai déjà vu des souris courir sur les rails. Et sur le quai de la ligne 14 à Madeleine, non seulement c’est sale mais aussi ça sent toujours mauvais. Concernant ce dernier fait, un ami m’a expliqué une chose. Je ne sais pas si c’est vrai ou pas, mais apparemment, quand on a creusé plus profondément dans la station Madeleine pour construire la ligne 14, on aurait retrouvé de nombreux ossements datant probablement de la Révolution française. Cette odeur est-elle restée au niveau des quais nouvellement créés ; on peut effectivement se le demander. Si vous le savez, merci de me l’indiquer.

Une spécificité de la France, ce sont les grèves. Ce qui est surprenant, et contrairement au caractère national du peuple français avec son sang chaud qui avait provoqué la Révolution française puis la Commune, nombreux sont les gens à les supporter patiemment malgré les inconvénients causées par les grèves. C’est pourquoi la grève ne disparaîtra pas en France. Le fait que l’on considère comme important le droit des travailleurs prouve que la France est digne d’être le berceau de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

D’une part, au Japon, les grèves de fonctionnaires sont interdites. A présent, la société nationale des chemins de fer a été privatisée et s’appelle désormais Japan Railways. Auparavant, du temps de la Japan National Railways (jusqu’en 1987), les grèves étaient interdites, car il s’agissait d’un service public. Toutefois, les syndicats menaient des mouvements ouvriers en faisant des « grèves du zèle » (un sabotage par un trop grand respect des règles). Mais à cause de retards causés par ce genre de sabotage en 1973, il y a eu une émeute dans la zone métropolitaine au niveau de la Japan National Railways et les passagers ont brisé les fenêtres, ont incendiés des gares. C’est devenu un événement très grave.

Au Japon, pays dont l’une des vertus est de ne pas déranger les autres, on considère donc que c’est une très mauvaise chose que d’arriver en retard à l’école ou à son travail. De ce fait, le retard des trains au moment des heures de pointe a probablement donné aux passagers un grand stress inimaginable. Par ailleurs, parce qu’il n’y a pas de tradition de respect du droit des travailleurs, les passagers ayant laissé exploser leur mécontentement sont véritablement devenus des émeutiers. Probablement que depuis cet épisode, le nombre des grèves a graduellement diminué.

Ensuite, comme les grèves empêchent le bon déroulement de l’activité économique, les cheminots ne souhaitent plus créer exprès des problèmes aux passagers. En tant que Japonais, je suis impressionné par le fait que, chaque fois qu’il y a une grève en France, les gens supportent la chose patiemment. Moi très impatient, quand après avoir patienté environ trente minutes, je vois apparaître des wagons bondés, j’ai envie d’aller engueuler le personnel.


  • "フランスの電車、地下鉄について"

私はあまりフランス国内を旅行したことがないので、パリ市内だけに限定して話をさせてもらいます。まずパリの鉄道や地下鉄の駅、電車の中などを見て気づくことは、日本に比べて非常に汚いということです。

掃除をしているのだろうかと思うほどですが、おそらくしているのでしょうし、普段の掃除では追いつかないほど、汚す人がいるということなのでしょう。一、十三、十四番線では新しい車両が使われていて、わりときれいなのですが、他の路線に関しては、信じられないほど汚い車両があります。

駅の構内にしても、サン・ラザール駅ではねずみが線路を走っているのを見たことがありますし、マドレーヌ駅の十四番線ホームに関しては、汚いだけでなく、常に悪臭がします。これに関しては、ある友だちが説明してくれました。事実かどうかはわかりませんが、十四番線を増設するために、マドレーヌ駅をさらに深く掘ったところ、フランス革命時のものと思われる白骨がたくさん出てきたそうです。 その匂いが新たなホームの階では残っているとのことですが、実際どうなのでしょうか。知っている方、どうぞご教授下さい。

あとフランスに特有なのはストがあることです。そして意外なことに、フランス革命やパリコミューンの起こった血の気の多いお国柄とは裏腹に、ストで不自由な目に遭っても、じっと我慢してストを支持する人も多いようで、そのためにフランスからストがなくならないのだと思われます。労働者の権利を大切にするというあたり、さすが人権宣言発祥の国だと言えます。

かたや日本では公務員のストは禁止されています。今では国鉄は民営化されてJRという名前になっていますが、日本国有鉄道(1987年まで)は公共事業体であり、やはりストライキが禁止されていました。それでも労組は「順法闘争」(規則を異常なまでに遵守することによるサボタージュ)によって、労働闘争を行ったりしていたのですが、1973年にこのサボタージュによる遅れに対して、首都圏国鉄暴動が起こり、乗客が電車の窓を割ったり、駅に放火したりして、大変なことになりました。

日本では「他人に迷惑をかけない」ことが美徳とされており、会社や学校に遅刻するということが非常に悪い事であると考えられているので、通勤電車の遅れというものは乗客に想像を絶するストレスを与えたようです。その上、日本には労働者の権利を尊重するという伝統はないため、不満の爆発した乗客が暴徒化してしまったわけです。おそらくこのような経緯から、次第にストが少なくなったようです。

また、ストは経済活動の妨げになるので、鉄道関係の労働者もわざわざ乗客に迷惑になるようなストは起こさなくなったということなのでしょう。 日本人である私は、フランスでストが起こるたびに、よくみんな我慢しているものだと感心しています。気の短い私は、三十分ほど待たされた末に、乗客がすし詰めになっている車両を見ると、乗務員のところへ怒鳴り込みに行きたくなります。


Article paru le 26/05/2011

Eriko

Modèle et chanteuse japonaise

Vit depuis plusieurs années à Padoue, en Italie

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*"Paris, la France et les Français, pour Eriko"

Q : Etes-vous ou non déjà venue en France et à Paris ?

R : Oui, j’ai été à Paris il y a quelques années pour faire du tourisme avec des amis. Paris, avec Venise et Rome, est une des destinations préférées des touristes japonais.

Q : Quelle est votre image de la France, de Paris et des Français ?

R : Paris est une très belle ville exactement européenne comme nous l’imaginons nous les Japonais. Comme être à l’intérieur d’un film européen ! Mais à cette période, l’Euro était encore fort ; c’est pour cela que pour nous, toutes les choses étaient trop chères !

Q : Quels sont vos souvenirs de Paris et des Français ?

R : Je me souviens très bien quand je suis montée à Montmartre : j’ai vu un magnifique paysage de Paris. Comme je ne savais rien de la langue française, malheureusement, j’ai très peu communiqué avec les Français. Mais ils étaient tous sympathiques. Encore maintenant, je ne parle pas français mais j’étudierai quelques mots avant les prochains concerts de Paris ! Je suis émue de venir à Paris pour la Japan Expo et pour le spectacle avec DJ Shiru. J’espère avoir du temps pour faire un peu de shopping !

Q : Avez-vous quelques anecdotes en rapport avec la France, Paris, les Français... ?

R : J’espérais retourner en France, et maintenant que nous viendrons pour chanter, j’aurai sûrement beaucoup d’anecdotes à raconter. Nous devons aussi tourner un vidéoclip pour la nouvelle chanson avec le groupe Elokami Productions, qui est une agence de vidéos dans Convent Garden Productions. Ils ont déjà interviewé des personnes telles que Miyaki, X-Japan et Dir en Grey. J’aurai sûrement d’autres anecdotes à raconter. Maintenant, dans notre agence, il y a aussi des Français qui travaillent pour promouvoir notre concert et traduire mes interviews. Ils sont très gentils et sympathiques, aussi je voudrais les remercier : Vanessa et Khadidja !

Eriko + DJ Shiru live ! seront en concert à Japan Expo et le 5 juillet au Convent Garden Studios.


Article paru le 04/06/2012



Ils font quoi, les Français, quand ils ne travaillent pas ?

Stéphane

Hier soir, je dînais à l'occasion d'un repas de mariage, à côté du papa japonais de la mariée.

Un monsieur de 70 ans environ, originaire d'Osaka, qui venait pour la seconde fois à Paris, pour le mariage de sa fille.

Alors que nous discutions, le sujet des vacances et du travail s'est, à un moment, trouvé abordé : "Les Français, vous avez beaucoup de jours de vacances et de jours fériés.

_ Les Japonais ont autant de jours fériés et peut-être autant de vacances, mais à la différence des Français, vous ne les prenez pas", lui ai-je répondu.

Sur quoi, il m'a demandé, fort curieux : "Quand vous ne travaillez pas, vous faites quoi ? Vous faites quoi pendant tout ce temps, quand vous ne travaillez pas ?"

Il est en effet consultant au Japon, à son compte. Et, comme il me l'a expliqué ensuite, le travail, ce n'est pas quelque chose de pénible, contraignant pour lui, mais plutôt une activité valorisante et constructive. Sûrement du fait que son travail, c'est lui qui l'a créé et qui correspond à une réalisation de sa part.


"Beaucoup d'entre eux, quand ils ne travaillent pas, ils consomment, ils achètent des choses, des services, ils mangent, ils prennent, quoi...", je lui ai expliqué directement mon point de vue.

Lui aussi semblait d'ailleurs avoir ce même point de vue.

En bref, un tel comportement n'a pas vraiment de sens, tout autant pour ce monsieur que pour moi.

Travailler, construire et faire évoluer son activités, par contre, cela a un sens.

Travailler, c'est une activité qui a du sens !


En y repensant, au retour de cette soirée, je me suis dit "Tient, c'est une autre façon de voir, le pourquoi de l'investissement des Japonais dans leur travail. La première fois que j'y suis confronté, et c'est un homme japonais qui me l'a permise !"


Article paru le 30/06/2019




Sayuri, à propos du stage intensif de Jiuta Maï

  • 宇納 小百合 - Uno Sayuri

Danseuse et enseignante de Jiuta Maï (danse traditionnelle japonaise

Habite en Italie

Danse Jiuta Mai - oct 2011 2.JPG

Au début d’octobre (2011), j’ai donné un stage intensif de Jiuta Maï à Quartier Japon. Même si je dis que j’ai « enseigné à des Français », chacun avait un profil différent et une personnalité propre ; aussi était-ce facile ou difficile, c’est difficile à dire. Chacun des participants a accepté une culture différente, l’a respectée, chacun avec curiosité. Pour toutes ces raisons, l’impression la plus forte pour moi quant à cette expérience, c’est que ça a été très intéressant.

Pour enseigner, la curiosité et la passion des élèves sont des points très importants. Sur ce point, moi-même, j’enseigne également la danse Jiuta Mai en Italie, mais à Paris, la curiosité et la passion sont fréquemment plus fortes. Peut-être que dans le monde entier, les personnes à Paris sont les plus ouvertes concernant l’art. Bien que la culture soit radicalement différente, cette barrière est dépassée et ces personnes portent même plus d’intérêt que les Japonais eux-mêmes, ce qui me rend vraiment contente.

Au Japon, traditionnellement, les élèves ne posent quasiment pas de question au maître pendant les leçons. Si je pense à mon propre cas, mon maître disait toujours « la danse est le coeur », c'est-à-dire que l'on danse sans penser à la théorie, mais avec le cœur. C’est la raison pour laquelle mieux vaut éviter de poser des questions, me semble-t-il. De plus, je pense qu’il y de nombreuses choses qui ne sont pas transmissibles par les mots. Cependant, en dehors du Japon, il me semble que si on n’utilise pas de mots, on ne peut absolument rien faire comprendre. Contrairement à cette réserve que j’avais, il y a eu de nombreuses questions auxquelles je n’avais jamais pensé et cela a été une expérience très vivifiante pour moi.

D’un côté, les arts traditionnels japonais, particulièrement le Jiuta Mai, ne peuvent pas être analysables un à un. Ainsi, « L’espace » est une notion abstraite importante pour tout art. Il y a des aspects que l’on peut expliquer avec des mots alors que les autres aspects restants sont confiés à l’analyse de la propre sensibilité de chacun. Je garde toujours à l’esprit qu’il est important de maintenir cet équilibre lorsque j’enseigne.

De plus, le Jiuta Mai est complètement à l’inverse du ballet en occident, qui est une danse au cours de laquelle on saute toujours vers le haut. Pour la danse Jiuta Mai, on danse en frottant toujours le talon entier sur le sol comme la racine d’un arbre qui pousserait vers en bas.

De plus, si nombreuses sont les personnes à pouvoir marcher en balançant les hanches comme un mannequin, pour la danse Jiuta Mai, on marche en maintenant l’équilibre en bas du corps et les hanches sont pratiquement stables. Ces deux aspects, surtout pour les personnes européennes sont radicalement opposés à leur conception et des mouvements qu’elles n’ont jamais faits. Je pense que c’est quelque chose de très difficile pour elles.


Danse Jiuta Mai - oct 2011.JPG

La danse Jiuta Mai semble facile au premier regard, une danse tranquille. Mais en vérité, les muscles des épaules, du dos, de la partie inférieure des fesses, du bas de l’abdomen, et des cuisses, sont toujours sous tension, ce qui fait que l’on est en sueur rien que par le seul fait de marcher. Comme on sollicite des muscles qui ne sont pas sollicités habituellement dans un travail habituel, on dit que c’est une bonne activité pour se prémunir contre le vieillissement. Comme il s’agit d’une pratique sportive douce, même des grands-mères de 80 ans peuvent pratiquer la danse Jiuta Mai. A ce sujet, on dit que plus on vieillit d’une année de plus et ainsi, plus les années s’accumulent, plus la danse devient superbe.

Je me suis éloignée du sujet principal concernant cette danse unique dont on ne peut pas rendre compte que par les mots seuls et dont la seule chose à laquelle on doive faire attention est le corps. C’est en prenant du plaisir que l’on peut progresser naturellement.

Uno Sayuri


地歌舞集中講習について

10月に初めてQuartier Japonさんで地歌舞の集中講習をさせて頂きました。「フランス人に教える」と言いましても,一人一人違った性格、個性を持っていらっしゃるので、簡単とか,難しいとか言いにくいですが、参加された方は皆さん、異なった文化を受け入れ、尊重し、好奇心旺盛なかたがたですので、私としては皆さんとの出会いがとても「楽しい」というのが一番の感想です。 教えるにあたって生徒さんの好奇心とパッションは大変重要なポイントです。 その点、私はイタリアでも地歌舞を教えていますが、地歌舞にたいする好奇心、パッションを持たれるかたは、パリが圧倒的に多いです。 おそらく世界中でもパリの人々が最も芸術にたいしてオープンなのではないでしょうか。文化が全く違うのに、そのバリアを越えて、日本人以上に興味を持って頂けるのは本当に嬉しいことです。 日本では伝統的な習慣として、お稽古中、生徒が師匠に質問するということはあまりありません。 自分で考えろということでしょうが,特に私の師匠が常に仰る,「舞は心」という言葉,つまり理屈ではなく心で舞うということから、質問はできるだけ避けるようになったのかもしれません。 また,言葉では伝えられないものもたくさんあると思います。けれど日本以外では、言葉なしには全く理解されないでしょう。実際生徒さんは歌詞や振りに対し細かく質問してこられます。私が疑問に思ったことのない質問が多く,これはとても新鮮でいい経験をさせて頂いていると思います。 一方、日本の伝統芸術、特に地歌舞は、一つ一つを分析しクリアーにしていくものではなく、「間(ま)」を大切にした抽象的な要素の強い芸術であるため、ある程度は言葉で説明し、残りの部分は個人の感性に委ねる、そのバランスを保ちながらお教えすることが重要だと、いつも念頭においています。 また、地歌舞は西洋のバレエのように、高く上へ上へとジャンプする踊りとは全く逆で、地面に下へ下へと根が生えた木のように、 足の裏全体を床から離すことなく動きます。 また、歩くときは腰を振ってモデルのように歩くかたが大勢いらっしゃいますが、地歌舞は腰を低く落として固定して歩きます。 この二点は,特にヨーロッパの人々にとって、全く逆の発想に近く、今まで経験したことのない所作ですので、とても難しいと思われます。 地歌舞は、一見簡単そうな、静かな舞に見えますが、実は、肩や背中,臀部下部、下腹、太ももの内側などの筋肉を常にとても緊張させるので、歩くだけでじんわりと汗をかきます。 自然の動きの中で、普段使わない筋肉を使い、老化を防ぐのに役立っているといえます。緩やかな運動ですので、地歌舞は80歳のおばあちゃんでも舞われます。 というよりも、年を経るごとに舞に味がでてきますので、かえって年を重ねる方が舞はすばらしいと言われています。 話はそれてしまいましたが、この独特な舞をあまり言葉ばかりにとらわれずに、体のどこか一つに注意するだけでもいいですので、楽しく受けとめて頂ければ自然と上達できるのではないかと思っています。


宇納 小百合

Article paru le 13/02/2012


Akiko, enseigner l'ikebana, en France, auprès de Français

  • Akiko Gishi

En France depuis 2004, cofondatrice de l’Atelier Mizuki de Paris et enseignante d’ikebana


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J’ai fondé l’Atelier Mizuki de Paris il y a 12 ans (en 2004) et, depuis, j’enseigne à des Français.

Y-a-t-il une différence entre enseigner à des Japonais et à des Français ? Oui, c’est différent avec les Français : ils ont besoin de comprendre pour faire, quand les Japonais ont besoin de faire pour comprendre. Pour les Japonais, la théorie vient après la pratique. On essaye de sentir d’abord, en faisant, puis la théorie et les explications viennent après.

La plupart des Français ne sont pas capable de sentir ; ils ont donc besoin de la théorie en premier : ils ont d’abord besoin de comprendre avant de faire et pour faire. Je commence donc généralement mes cours en leur donnant un maximum d’explications avant de pratiquer. Mais parfois, je sens aussi que certaines personnes françaises peuvent sentir les choses. Dans ce cas, je leur propose d’abord de faire avant d’expliquer.

Les professeurs japonais ne sont généralement pas trop pédagogiques : ils montrent d’abord puis leurs élèves réfléchissent ensuite et essaye de comprendre par eux-mêmes pourquoi leur maître a fait comme-ci ou comme ça, avant de faire à leur tour. C’est adapté à la culture japonaise.

En fait, indépendamment de la nationalité, les personnes qui comprennent l’ikebana sont toutes capables de sentir d’abord les choses, sans avoir forcément besoin d’explication. Par exemple, une de mes élèves, Jacqueline, faisait du yoga avant de pratiquer l’ikebana. Maintenant, elle fait de l’ikebana en place du yoga : elle sent d’abord puis elle voit après et fait.

Pourquoi ? Les gens « bons », ils savent faire sans forcément besoin d’explication. Donc, la pédagogie japonaise est bien adaptée pour eux. Par contre, les forts en blabla, certes ils peuvent raconter et beaucoup expliquer, mais il n’y a rien. Dans leurs ikebanas, il n’y a rien…

C’est difficile à expliquer ce que ça veut dire « il n’y a rien »… C’est au niveau de l’esprit de l’ikebana ; il n’y a pas de cœur. Le cœur, c’est un peu la simplicité, le dépouillement… Leurs ikebanas ne sont pas dépouillés et ils ont aussi tendance à souvent changer. Changer dans leurs réalisations… Chez ces gens quand il n’y a rien, je ne sens rien…. Je le sens mais je ne peux pas l’expliquer. Je n’ai pas assez de vocabulaire en français pour l’expliquer…

Ca m’énerve les gens qui parlent trop. C’est certes une question de culture et pourtant il a des gens qui ne sont pas comme ça parmi les Français. Ce sont généralement des gens simples. D’ailleurs, en vieillissant, on accorde plus d’importance aux choses simples, ont tend vers le plus de simplicité.

Ca me fait plaisir d’enseigner aux Français. C’est l’occasion de pleins de découvertes. Je découvre la beauté de la simplicité avec des élèves français, chose dont je ne me rendrais pas compte si je vivais au Japon et que j’enseignais à des Japonais. Car il n’y en a pas beaucoup ici, en France, de la simplicité et des gens attirés par ce qui est simple, et donc c’est précieux !

J’aime bien rencontrer des personnes qui pensent comme moi, au sens où elles apprécient ce que j’aime. Dans le fait de donner des cours, c’est ce que j’apprécie le plus, de partager avec les élèves : ils t’apportent, ils réalisent d’autres compositions, les gens apprécient ce que je propose. Quand je leur propose une composition ou quand je vois leurs compositions, on discute, on échange sur tel ou tel aspect des compositions, telle ou telle proposition, …, et les gens apprécient cela, tout comme je l’apprécie également.

Transmettre, j’aime bien. J’apprécie beaucoup le partage. Ce n’était pas comme cela avec mon maître. Il n’y avait pas ce même type de partage, ce n’était pas pareil. Je ne me rappelle pas que cela se passait comme ça ; ce n’était pas pareil, pas la même situation, pas la même approche.

Article paru le 23/02/2016


Misako, mes impressions à propos des ateliers de présentation des thés japonais animés chez Quartier Japon.

  • Misako (53 ans - En France depuis 2007)

Traduction : Stéphane - Remerciement à l'amie de Misako pour sa relecture et ses corrections.

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Je vis en France depuis 2007.

Avant, j’ai toujours vécu au Japon à part une année d’études passée à Berlin.

Lorsque j’habitais au Japon, le thé japonais, n’était pour moi que quelque chose de normal, d’habituel. Mais depuis que j’habite ici, en France, ce « quelque chose qui va de soi » est devenu pour moi « quelque chose de spécial ».

De la même manière que pour les Français, le vin est nécessaire et indispensable, le thé vert japonais est pour nous les Japonais une évidence dont personne ou presque ne peut se passer. Bien sûr, les temps changent et il y a malheureusement aujourd’hui des Japonais qui peuvent s’en passer sans difficulté.

Il y a quelques années la cuisine japonaise a été inscrite au « patrimoine mondial de l’humanité ». Elle est bonne pour la santé, belle à voir, et cela me semble normal qu’elle soit ainsi appréciée, mais le thé japonais qui l’a toujours accompagnée ne reçoit pas l’attention qu’il mérite.

Toutefois, ces derniers temps, j’ai le sentiment que l’intérêt pour le thé japonais grandit progressivement. Le thé comprend différents composants reconnus comme étant bons pour la beauté et pour la santé, mais je crois que c’est son goût qui lui vaut cette nouvelle popularité. Je souhaite faire connaître en France les délices du thé japonais, afin que même ici, il soit un moment de détente. Pour cela, j’enseigne la bonne façon de le préparer et de de le boire, et aussi comment on peut l’utiliser dans différentes préparations culinaires, sucrées et salées.

Lorsque j’explique que je suis « instructrice pour le thé japonais », on me demande presque immanquablement si cela a un rapport avec la cérémonie du thé. Cela n’arrive pas seulement qu’en France ; même au Japon, c’est fréquent.

C’est que le thé est au Japon une boisson on ne peut plus banal et que l’on a du mal à imaginer qu’il y ait des choses à apprendre à son sujet. Au Japon, on peut boire du thé facilement partout, à n’importe quel moment de la nuit et de la journée. Si l’on en demande au restaurant, on vous en sert gratuitement. Dans les restaurants de niveau supérieur, on ne vous servira pas le même thé avant le repas qu’après le repas ‒ cela encore, sans rien vous faire payer. Voilà pourquoi les Japonais continuent à en boire sans y prêter attention, quotidiennement, en le préparant de la même manière qu’autrefois, sans se préoccuper de son type. Sans même non plus comprendre qu’en réalité il existe une grande variété de thés et que c’est bien meilleur, et encore plus agréable lorsqu’on sait ce qu’on boit et qu’on le prépare de la manière appropriée.

C’est ce que je faisais moi aussi avant de vivre en France. Mais quand j’ai quitté le Japon, j’ai remarqué que le thé que je préparais n’avait pas du tout le même goût, la même odeur. Je me suis demandée pourquoi, j’ai commencé à m’informer, et j’ai découvert énormément de choses. Cela a fait grandir encore mon intérêt, j’ai continué à étudier, et j’ai fini par obtenir le diplôme d’instructrice du thé vert japonais.


J’ai eu le plaisir d’organiser deux ateliers de présentation des thés japonais chez Quartier Japon. (il y aurait dû en avoir un troisième, en novembre mais il a été annulé du fait des attentats.) Ces ateliers sont pour moi un très bon moment, je les attends avec impatience.

Les personnes qui s’intéressent au thé japonais sont, en général, des personnes qui s’intéressent déjà au Japon. Celles qui viennent chez Quartier Japon connaissent déjà beaucoup de choses sur le Japon et parmi elles, nombreuses sont celles qui ont envie d’en savoir plus, d’approfondir leurs connaissances. Elles ont une qualité d’écoute remarquable, elles posent des questions tellement pointues que cela crée de la tension chez moi. Sans doute parce que je m’y suis un peu habituée, ce silence studieux des ateliers me plaît à présent, et je les fais en espérant transmettre un peu du Japon qui est en moi.

Stéphane, vous le savez certainement, mais au début, je m’inquiétais vraiment de savoir si j’allais être capable de bien transmettre, en français, toutes ces informations autour des thés japonais. En japonais, je suis capable de bien expliquer tout ce qu’est le thé japonais, mais je suis limitée dans le cas du français. Ce problème reste toujours présent mais récemment, j’ai enfin compris que de donner les explications en français, ce n’est finalement pas le plus important. (C’est ce que vous m’aviez dit, Stéphane, au début.) Ce qui relève de mes compétences, c’est seulement préparer les ateliers en y mettant tout mon cœur, préparer les thés japonais et expliquer au mieux avec mon pauvre français.

A la fin des ateliers, plusieurs participants viennent me dire « Pendant l’atelier, je me suis souvenu quand j’étais en voyage au Japon » ou « Les thés japonais, je pensais bien connaître le sujet, mais aujourd’hui, j’ai découvert plusieurs nouvelles choses. » S’il en est ainsi, mon bonheur est complet.


Le mois dernier, j’ai aidé le JETRO ‒ Paris à organiser l’enquête « le thé vert japonais en France ». Pour cette occasion, nous avons utilisé, à deux reprises, la grande salle de Quartier Japon et grâce aux efforts de Stéphane, nombreux ont été les participants que nous avons reçus. (Il semble d’ailleurs que ce type d’enquête n’avait jamais été organisé à l’étranger.)

Pourquoi cette enquête a-t-elle été organisée ? Pour répondre à plusieurs interrogations : le thé vert japonais préparé avec de l’eau du robinet française ne nous paraît pas bon, à nous les Japonais, mais qu’en pensent les Français ? Le thé vert est très tendance aujourd’hui ici, mais principalement sous forme de thé aromatisé ‒ que penseraient les Français du thé vert tel qu’on le boit et tel qu’on l’apprécie au Japon? Si les Français le trouvent bon, quels sont les variétés qu’ils apprécient ?

Tels étaient les objectifs de cette enquête qui voulait produire des données à analyser et en tirer des conclusions.

Le JETRO souhaitait avoir un échantillon d’au moins 50 personnes, mais j’ai appris qu’en seulement quelques jours, grâce à l’efficacité de Stéphane, 60 personnes s’était inscrites. Mme Onishi du Jetro - Paris et moi-même, nous en avons été surprises. Nous en aurions presque poussé un cri de joie !

Au final, du fait de problèmes de trains et du mauvais temps, il y a eu un peu moins de participants que d’inscrits ‒ mais cependant 57 personnes sont venues, ce qui était déjà plus que notre objectif. Nous avons mené cette enquête également ailleurs que chez Quartier Japon et nous avons pu, au final, dépasser nos prévisions en termes de données récoltées.

L’enquête portait sur quatre différents thés et un thé infusé à froid, que nous avons proposés pour la dégustation. Chacun des participants a participé sérieusement et cela nous a beaucoup aidées (certains participants ont particulièrement apprécié les pâtisseries japonaises servies entre les différents thés). Après chaque dégustation, il était demandé à chaque participant de nous indiquer ses impressions concernant le thé qu’il venait de déguster et nous avons ainsi recueilli les impressions de chacun. Les résultats de cette enquête seront bientôt présentés, mais d’ores et déjà nous sommes très heureusement impressionnées qu’autant de personnes aient été aussi intéressées par les thés japonais.

Je pense en effet que l’avenir du thé japonais dépend de ce qu’il sera facile ou non d’y avoir accès.

Je rêve de faire découvrir et re-découvrir les thés japonais aux Français qui aiment le Japon, ceux de Quartier Japon comme de d’autres lieux en France, ou encore aux Français qui n’aiment pas encore le Japon.


Quartier Japon での活動を通して感じたこと。 2007年からフランスで暮らしています。それ以前は1年間のベルリン留学以外は日本で暮らしていました。 日本に住んでいる頃、日本茶は私にとって『普通』の『当たり前のもの』でしかなかったのです。 でも、こちらに住むようになり、『当たり前のもの』は『特別なもの』に変わりました。

フランス人にとってワインが必要不可欠のように、私たち日本人にとって日本茶は『在って当然』というくらい無くてはならないものです。 もちろん時代が変わり、『無くても問題ない』と思う人も残念ながら最近増えているようですが。 先年『和食』は “世界遺産” に登録されました。 健康にも良く、眼にも美しくおいしい和食がそれだけの評価を受けるのは当然だと思いますが、いつもその横にあった日本茶はそれ程注目されていません。

しかし最近、じわじわと関心が高まって来ているように感じます。美容や健康に良いといわれる様々な成分が含まれていることもありますが、何より味の良さが支持されているのでしょう。 日本から遠く離れたフランスで『日本茶でほっと一息』という時間を持っていただけるよう、 おいしく淹れる コツ や、スイーツ・料理のアクセントとして食べてもおいしい日本茶の魅力を紹介しています。

『日本茶インストラクターです』というと必ずと言っていいほど『それは茶道(cérémonie du thé)の関係ですね』と言われます。 これはフランスだけの反応ではなく、日本でもそういう反応が少なからずあります。

というのは、日本ではお茶があまりにもありきたりの飲み物だと思われていて、今更お茶について特別学ぶべきこともないだろうと考えられているからです。 日本にいれば、お茶はいつでもどこでも簡単に飲むことが出来ますし、レストランで『お茶下さい』と言うと、タダで運んでくれます。 ちょっと高級な料理店だと、食前と食後にそれぞれ違った種類のお茶を持って来てくれたりもします。 (もちろんサービスで) そういう状態ですから、日本人は今まで特に注目もせず、何種類かのお茶を昔からやっているやり方で毎日飲んで来たのです。 実際はものすごく多くの種類があり、それぞれの特徴を知った上でそのお茶に適した淹れ方をした方がずっとおいしいし、楽しみ方も広がるにもかかわらず。

実は私もフランスで暮らす前はそうでした。 でも日本を離れ、水質の違う欧州で日本茶を淹れると全く味や香りが違い、『なぜ?』と思って勉強を始めると驚くほど色々なことがわかります。 そうするとますます興味も湧いて、さらに勉強して、とうとうインストラクターにまでなってしまいました。


カルチエ・ジャポンで二度アトリエを開催致しました。 (3回だったはずが11月のテロで一度中止)ここでのアトリエは、とても楽しくいつもワクワクします。

日本茶に興味がある人は、既に日本に興味を持っている人がほとんどだと思いますが、特にここの方たちは日本のことを大変よくご存知で、さらなる探求心・向上心の強い人が多いと思います。 ですから説明をする時も、みなさん真剣に熱心に聞いてくれます。こちらが緊張するくらい真面目に聞いてくださいます。 私も少し慣れたのか、最近はその真剣さが生み出す静寂が心地よく、自分の中の『日本』を少しでもアトリエの中で伝えられたら、と思ってやっています。

ステファンさんはご存知ですが、フランス語でうまく日本茶のことを伝えることが出来るか、最初はとても心配でした。 日本語で日本茶のことは十分説明出来ても、フランス語ではまだまだ限界があります。 この問題は今でも残っていますが、最近やっとフランス語で説明することが一番大事なことではない、ということがわかりました。 (これはステファンさんも最初にそう言って下さいました。) 私が出来ることは心を込めて準備をし、お茶を淹れ、拙いフランス語でも精一杯説明をすることだけなのです。

アトリエのあと『日本を旅行していた時のことを思い出した』とか『日本茶のことは専門的に知っていると思っていたけれど、今日新しい発見がいくつもあった』なんて伝えに来て下さる方が幾人もおられました。 本当にそうであれば、私にとってこんな幸せなことはありません。


先月はJETROパリ主催の『フランスにおける緑茶に関する調査』のお手伝いをしました。カルチエ・ジャポンでも2日間会場を借り、ステファンさんの協力のもと多くの人に参加してもらいました。 (この種の調査が海外で行われたのは、おそらく初めてものではないかと思います。) なぜ、こんな調査をやったかというと、日本で飲む緑茶を知っている私たち(日本人)は、こちらの水道水で淹れた日本茶をおいしいと感じないけれど、実際フランス人たちはどう感じているのだろう? また、フランスで流行っている『thé vert』は、緑茶ベースのフレーバーティが主流だけど、彼らが日本人の飲むお茶を飲んでおいしいと感じるのだろうか、などの疑問があったからです。

もしそうであれば、どんなタイプの日本茶が好きなのか、一度アンケートをやって統計をとってみよう、ということになりました。

当初、少なくとも50人のアンケ―トは必要だ、と話しましたが、有能なステファンさんのおかげで、呼びかけを始めてほんの数日で60人の申込みがあったと聞きました。 これにはJETROパリの大西さんも私もビックリしてしまいました。嬉しい悲鳴、というのはこんな感じなのでしょうね。 当日、電車のダイヤの乱れや天候などで申込み数には達しませんでしたが、それでも目標以上の 57人のアンケートを実施することが出来ました。 このアンケートはカルチエ・ジャポン以外でも実施しましたので、総計としては予想以上のデーターが集まりました。

アンケートは4種類+水出し茶、という5種類のお茶を試飲してもらいましたが、みなさん本当に真剣に取り組んで下さっているのが良く伝わって来ました。 (中には“お茶請け”に出したお菓子を大変気に入って下さった方もいました。)試飲後、自分たちの飲んだお茶について色々な意見を伝えてもらえたのはとてもありがたく、参考になりました。 この結果の集計はそろそろ出ますが、こんなに多くの方が日本茶に少なからず興味を持っておられる、ということがわかったのは大変喜ばしい驚きでした。 日本茶の将来は私たちのアクセス次第だと思っています。

これからもカルチエ・ジャポンやフランス各地で日本を愛するフランス人たちと、あるいはまだそうでないフランス人たちとも一緒に日本茶の(再)発見をしていければ、と夢見ています。


Article paru le 07/04/2016

Harumi, mon expérience d'enseignante du japonais à des Français

*Harumi - En France depuis près de 15 ans, enseignante du japonais après une carrière dans le tourisme.


Cela fait 6 mois que j’ai commencé à travailler comme professeur de japonais avec Quartier Japon. Au début, j’étais très stressée et, à la maison, avant les cours, je faisais plusieurs fois des simulations de cours. Tout en vérifiant combien de minutes prenait chacune des parties du cours, j’écrivais donc en détails la planification des cours, avant de me rendre aux cours.

Mais si j’essayais de faire le cours tel que préparé, les élèves me posaient des questions inattendues et à des moments tout autant inattendus et parlaient alors de ce qu’ils savent. Ce qui fait que l’on n’avançait pas tel que je l’avais prévu. A cette occasion aussi, j’avais le sentiment que les Français parlent beaucoup. Mais à présent, je trouve cela intéressant.

« Ah, ils savent cela. Sûrement qu’ils l’ont vu dans les mangas. », « Ah, ils pensent comme ça ! », « Les Japonais n’ont pas cette même réaction », je fais plein de découvertes intéressantes. Comme à l’origine j’aime moi aussi parler, le cours dévie et souvent le temps manque.

Mais ces bavardages, c’est intéressant pour les élèves et aussi pour la fierté qu'ils ont de transmettre ce qu’ils savent. Et je pense donc que ce n’est pas un problème, car cela sert à maintenir la motivation dans l’apprentissage de la langue japonaise.

Avec des cours qui seraient davantage cadrés, je ne pense pas que cela fonctionnerait très bien, d’autant que l’objectif des élèves, ce n’est pas de réussir au test d’aptitude, mais plutôt parce qu’ils sont intéressés par la culture japonaise et parce qu’ils souhaitent apprendre le japonais tout en y prenant plaisir.

J’apprends de mes élèves, en leur faisant faire des choses intéressantes pour eux, comme parler des coutumes et des évènements du Japon authentique à travers des photos et des magazines que l’on regarde en cours, en réalisant des origamis et en jouant à des jeux de cartes japonais. Bien sûr, il ne faut pas oublier d’étudier la grammaire et le vocabulaire…

Mon objectif est de poursuivre dans cet enseignement du japonais de cette façon intéressante pour tous.


日本語教師としてカルチエジャポンで働き始めて、半年が経ちました。

最初はとても不安で、授業の前に、家で何度もシュミレーションをしました。

時計とにらめっこしながら、各パートに何分費やすか、細かく書いて授業に臨みました。

でも、実際に授業をやってみると、生徒さんたちは思わぬところで思わぬ質問をして来たり、自分の知ってる事を勝手にしゃべりだしたり、なかなか私の思う様には進ませてくれません、、、。

フランス人は良くしゃべるなあと改めて感じました。

でも今は、その状況を楽しめる様になりました。

“ああ、こんな事を知ってるんだ、きっと漫画に出て来たんだろうなあ”とか、“ああ、こんな風に思うんだ、日本人にはない感覚だなあ”とか、楽しい発見が沢山あります。

私も元々話し好きなので、授業が脱線してしまい、時間が足りなくなる事もしばしばあります。

でもこの雑談が、生徒さんたちにとってはとても楽しかったり、自分の知っている事を自慢できて嬉しかったり、日本語の勉強を続けるモチベーション向上に役立っているのは間違いないと思います。

杓子定規な授業は、日本語能力検定試験を受けるのが目標の生徒さんには必要かもしれませんが、日本の文化に興味があったり、日本語を楽しく勉強したいと思っている生徒さんには、あまり功を奏しないと思います。

写真やイラストを見ながら日本独自の行事や習慣の話をしたり、折り紙をしたり、カルタで遊んだり、そんな楽しさも必要だと言う事を生徒さんたちから学びました。 もちろん、文法や語彙の勉強も忘れてはいけませんが、、、。

長く楽しく日本語の勉強を続けたいと思ってもらえる様な授業を、これからも私の目標として頑張りたいと思います。


Article paru le 04/02/2020

Mariko, mon travail : présenter la culture et la langue japonaises en France

C Mariko
*Mariko - En France depuis 2014. Professeur chez Quartier Japon, depuis 2015.

* QJ : Tu peux te présenter en général ?

Enchantée, je m’appelle Mariko, je suis japonaise et j’habite en France depuis 8 années au total, en comptant ma première année en 2011.

Je suis née et j’ai grandi à Kobé, une ville japonaise dans laquelle se mêlent en permanence beaucoup de différentes cultures étrangères.

Je suis professeure de culture japonaise, c’est-à-dire que j’enseigne à la fois la langue japonaise et des pratiques culturelles japonaises, comme l’origami, la calligraphie, l’illustration…


* QJ : Pourquoi tu es venue en France et tu es restée en France ??

J’ai étudié, au Japon, la pédagogie des beaux arts car j’aimais bien les beaux arts.

A l’université, j’ai aussi commencé à m’intéresser à la vie quotidienne de la France, parce que la France est réputée en général en tant que pays des beaux arts. Notamment, en France, il y a beaucoup de musées consacrés à l'art.

Mais aussi, parce j’avais lu des livres qui parlaient de la vie quotidienne des Français, dans laquelle la vie culturelle semblait tenir une place importante. La culture fait partie de la vie quotidienne et n'est pas quelque chose à côté. Par exemple, beaucoup de Français assistent à des concerts, du théâtre le soir en semaine et pas seulement le week-end ou à des moments plus formels.

En même temps, j’ai voulu voir le monde. Donc j’ai fait une année d’échange universitaire, à Nice.

J’ai ainsi passé un année et vécu la vie française pendant une année et j’ai beaucoup aimé. Grâce à cette année, non seulement l'image que je m'étais faite de la France m'a plu, mais la réalité m’a plu aussi. Après, comme je n’étais restée qu’une année, j’ai eu envie de rester plus longtemps en France.

Mais je suis cependant retournée au Japon pour y achever mes études.

Mes études terminées, j’ai un peu hésité : "Est-ce que j’allais rester travailler au Japon ou j’allais aller en France pour cette fois y travailler ?"

Finalement, j’ai décidé de venir directement en France.

Parce qu'à ce moment-là, il y avait eu un grand tremblement de terre au Japon en 2011, dans la région de Fukushima. Et, de ce fait, le processus de recrutement pour devenir professeur au Japon, s’est trouvé reporté. Et puis, à cause de la survenue de ce terrible tremblement de terre et de ses conséquences, cela m’a fait comprendre que la vie est courte et je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce que je voulais. Et j'ai décidé de partir vivre en France !

La France, c’est un pays multiculturel. Mais plutôt que Nice, j’ai décidé de venir à Paris, la ville vraiment multiculturelle, internationale.


* QJ : Depuis ton arrivée et jusqu’à présent, qu’est-ce que tu as fait chez Quartier Japon ?

Avant de trouver Quartier Japon, j’ai cherché un endroit où je pourrais enseigner la culture japonaise, en tant que Japonaise. Et c’est comme cela que j’ai rencontré Quartier Japon.

J’ai trouvé Quartier Japon sur Facebook, mais auparavant, j’avais aussi trouvé Quartier Japon sur la page des associations de l’ambassade du Japon en France.

Je suis ensuite allée visiter Quartier Japon pour voir comment était l’école. Le responsable, Stéphane, m’a alors proposé de remplacé une professeure de japonais, qui venait de changer de travail.

C'est comme cela, que j’ai donc débuté ma carrière de professeure de langue japonaise. Je n’avais cependant pas beaucoup d’expérience dans l’enseignement d’une langue, mais j’ai appris sur le tas, en même temps que j’enseignais.

Après, j'ai eu de plus en plus de cours, pas seulement des cours de langue mais aussi des ateliers de pratiques culturelles japonaises, des activités manuelles.

Comme ma spécialité était davantage les beaux arts que l'enseignement d'une langue, j’ai ainsi pu animer aussi des ateliers d'activités manuelles, comme des cours d'origami, de furoshiki, d'illustration japonaise...

Et jusqu’à ce jour, depuis 5 années, je poursuis mon expérience d'enseignement et d'animation auprès d’un public d’élèves de différentes tranches d’âges, des enfant de 6 ans jusqu’aux adultes et les séniors.


* QJ : Au cours de ces différente activités, quelle a été ton impression ? Est-ce qu’il y a eu des aspects qui t’ont surprise, déçue … ?

Oui, au début, quand j’ai commencé à enseigner, parce que je ne m’attendais pas à enseigner la langue japonaise. Je voulais faire plutôt des activités manuelles. Mais comme on m’a proposé l’enseignement de la langue, j’ai accepté. Puis j'ai continué à faire des efforts pour donner le meilleur de moi.

Ce que j’ai finalement compris, pour l'enseignement du japonais : bien sûr, on a besoin de techniques, de connaître des techniques d'enseignement concernant la pédagogie, mais le plus important, c’est comment faire pour que les élèves se motivent (car ils se motivent eux-mêmes) ?

J’ai beaucoup réfléchi, à comment je peux les amuser tout au long de leur apprentissage du japonais. Cet aspect, aussi, ça m’a plu : le fait de trouver comment les aider à se motiver. Cela m’a plu à moi aussi et cela m’a motivée.

Depuis, avec ces 5 années d’expérience, j’ai compris qu’en tant que professeur, si je m’amuse en tant que professeur tout en restant professionnelle, le cours sera réussi. Pour moi aussi, ce temps d’enseignement avec les élèves est un trésor !

Il n’y a pas vraiment de points qui m’aient déçue, parce que tous les élèves sont déjà motivés dès le départ de leur apprentissage ou de leur participation aux activités culturelles. Il n’y avait donc pas de difficulté. Les motiver davantage et les aider à maintenir leur motivation, c’est la gageure.

J’aime beaucoup ce métier, parce qu’on peut aussi en faire un échange culturel : c’est très intéressant de voir comment les Français apprennent le japonais. Ils ont besoin d’explications, mais dès qu’ils ont compris, cela devient dynamique et vivant.

C’est différent d’avec des élèves Japonais. Les Japonais ont un peu mal à être dynamiques.

Mais que les élèves français aient d'abord besoin d'explications, je trouve que c’est bien. J’aimerais continuer ce travail.


Article paru le 06/05/2020