Culture japonaise

De Quartier Japon Wiki.

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(La calli - thérapie)
 
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Cette rubrique est là pour le dire.
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=='''Les Fêtes Japonaises'''==
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=='''Les bienfaits de l'ikebana, la composition florale japonaise'''==
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Depuis les temps anciens, cinq fêtes traditionnelles originaires de Chine rythment de nos jours toujours l’existence du peuple japonais :
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*Marie-Christine (pratiquante de l’ikebana chez Quartier Japon depuis 2010)
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*'''お正月'''    « O-shôgatsu », le Nouvel An (le 01/01 - 1er janvier)
 
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*'''桃の節句'''  « Momo no Sekku » ou '''雛祭り''' « Hina matsuri », la fête des filles (le 03/03 – 3 mars)
 
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*'''端午の節句''' « Tango no Sekku », la fête des garçons (le 05/05 – 5 mai)
 
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*'''七夕祭り'''  « Tanabata Matsuri », la fête des étoiles Véga et Altaïr ou fête de la Tisserande et du Bouvier (le 07/07 – la nuit du 7 juillet)
 
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*'''菊の節句'''  « Kiku no Sekku » », la fête des chrysanthèmes (le 09/09 mais fêtée de nos jours en novembre)
 
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Au cours de ces fêtes, toutes célébrées pour la première fois par l’empereur Suiko pendant l’ère Nara (646-794) pour fêter le changement des saisons, des offrandes de nourriture étaient notamment faites aux divinités.
 
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Ces « Sekku », devenues populaires au Japon depuis l’époque d’Edo (1603-1868), sont toujours des moments importants dans le quotidien et la culture contemporaine du Japon.
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[[Fichier:Jiyu-ka 092015.jpg|thumb|300px|left|]|]] La réalisation d’un bouquet d’ikebana m’apporte paix, sérénité, recentrage, équilibre et joie.
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Souvent, j’arrive fatiguée, stressée par la semaine de travail.
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Au cours de la pratique, un état de calme s’installe rapidement dans l’instant présent.
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Les soucis sont oubliés et l’Esprit se calme et apparaît en soi une nouvelle énergie.
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Les fleurs me donnent leur énergie, en rapport avec la nature. Je deviens les fleurs.  
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Le bouquet en soi n’a pas d’importance, mais c’est la pratique de recentrage, de silence, qui importe.
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Il y a passage de l’énergie des fleurs en soi, avec une ouverture du cœur.
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J’arrive en vide d’énergie et je repars pleine d’énergie.
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''Article paru le 06/03/2011''
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L’état d’esprit dans lequel on réalise le bouquet est important.
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Il  n’y a pas de compétition.
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Ce qui est important, c’est travailler régulièrement avec motivation.
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Cette pratique nous sensibilise à une meilleure écoute de la nature et à son observation.
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=='''桜  (さくら - Sakura) Les cerisiers'''==
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Le bouquet nous aide à passer une semaine sereine.
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Sa présence nous remplit de joie et nous rappelle l’état présent ainsi que l’impermanence (on suit l’éclosion des fleurs, des branches et son flétrissement).
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C’est un art de l’éphémère que chaque cours on renouvelle.
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Toute la philosophie zen s’inscrit dans cette pratique.
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Le lien avec le Maître est important.
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C’est un guide qui nous oblige à nous questionner et à avancer avec les grades.
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Le disciple comprend intuitivement la leçon du Maître.
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L’ikebana est une leçon de vie.
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A partir du bouquet, on va découvrir un symbolisme.
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C’est un parcours de vie qui nous habite et qui devient indispensable, qui nous relie à la Nature, aux saisons, à l’Autre (rencontre avec d’autres amis, animés de la même passion. Amitiés durables).
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[[Fichier:Sakura.JPG|thumb|200px|left|Fleurs de cerisiers]]
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''Article paru le 02/03/2016''
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Je suis né il y a déjà quelques années et à ce moment-là mes parents ont planté dans le jardin un guignier. C’est un cerisier dont les cerises, de couleur pourpre, sont grosses et très sucrées. Chaque année, ainsi, je me régalais.
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Plus tard, en apprenant que le Japon était le pays des Sakura, « Quel pays merveilleux », je me suis dit, en pensant à toutes ces cerises couvrant l’ensemble du pays. Mais voilà, les Sakura du Japon ne donnent pas de fruit… Ils donnent des fleurs.
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Au Japon, les Japonais attendent chaque année la floraison des Sakura, en mars-avril, pour aller admirer les fleurs et bien au-delà, en pique-niquant entre amis, entre collègues, …, sous les voûtes que forment les fleurs de cerisiers.
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=='''Les bienfaits de la peinture à l'encre japonaise, sumie'''==
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En goûtant les plaisirs du 花見 (はなみ - Hanami) l’an passé au parc Yoyogi de Tôkyô, une amie japonaise m’a expliqué « Vous, les étrangers, vous pensez qu’on ne va voir que les fleurs. Mais ce n’est pas seulement ça, Hanami. C’est aussi l’éphémère, à travers la durée de vie limitée des fleurs et cet instant unique que l’on passe entre amis. ».
 
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*Chaque année depuis 2013, les membres du Dôjô Daikokuten participent à différents ateliers de présentation de la culture japonaise, chez Quartier Japon.
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Cette année, j’ai demandé à Masako, ce que représente Hanami pour elle…
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Le Dôjô Daikokuten a pour raison d’être de permettre à ceux qui le souhaitaient, de découvrir la pratique de l’Aikido de Sumikiri, une forme d’aikido mettant en avant le travail d’harmonisation de l’esprit, des animæ et du corps du pratiquant.
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Dans ce cadre, Erwan – membre participants aux ateliers culturels depuis plusieurs années, a découvert la peinture à l’encre sumié.
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Il nous fait partager son expérience, à travers son témoignage.
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[[Fichier:sakuraJapon.jpg|thumb|450px|left|Les abords du jardin du palais impérial]]
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[[Fichier:SUMIE_ERWAN_062017.jpg|thumb|170px|left|]|]] « Je ne sais ni dessiner ni peindre. Et à vrai dire, je n’aime pas trop ça.
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Enfin, c’est ce que je croyais avant d’essayer le sumi-e avec Quartier Japon.
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Je suis née et ai grandi dans une ville bâtie autour d’un château féodal dans le nord de la préfecture d’Okayama. De la maison, cela ne prenait que 5 minutes en voiture pour nous rendre jusqu’au château, situé sur une colline. Le château se trouvait sur une petite colline mais il a été détruit pendant la Restauration de Meiji et il n’en reste plus que le mur d’enceinte et les arbres.
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Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis découvert une âme d’artiste, mais j’ai particulièrement apprécié cette séance d’initiation.
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C’est très différent de ce que j’avais pu essayer jusqu’alors, ce que j’appelle la peinture « occidentale » : addition de couleurs, de couches, de retouches…
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Au printemps, nombreux sont les cerisiers en fleurs et nous sommes allés plusieurs fois en famille voir les cerisiers, le soir. Les étales des boutiques fleurissaient, qui vendaient de la barbe à papa, des Takoyaki… Je me rappelle m’être promenée en tenant un grand ballon en forme de lapin.
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Grâce à l’équipe de Quartier Japon, qui a su nous mettre à l’aise, en quelques minutes, un pinceau à la main et c’était parti !
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Les cerisiers étaient éclairés par la lueur clair-obscur des lanternes rouges, ce qui produisait une impression toute différente du spectacle des cerisiers en pleine journée. Je me souviens avoir été impressionnée, même enfant, par cette lumière froide.
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Immédiatement, la concentration, le calme, la respiration.  
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En grandissant, j’ai ensuite fréquenté une université située dans le quartier Yotsuya à Tôkyô. Devant l’entrée de l’université, sur les talus, il y avait plein de cerisiers. Quand arrivait le mois d’avril, c’était l’époque de la pleine floraison. Avec les amis, nous nous promenions souvent le long des allées sous les cerisiers en fleurs.
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Ici, chaque geste est sincère, vient du cœur, du centre.  
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On disait que les étudiants en première année qui participaient à l’association sportive de l’université allaient tôt sur les talus pour réserver un espace pour faire Hamani le soir, sur l’ordre de leurs aînés. En fait, il serait plus juste de dire qu’admirer les fleurs avait été plutôt un prétexte pour faire des boums.  
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Le sentiment de détente est presque immédiat, toute l’attention est focalisée sur l’instant.  
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Un peu de technique, mais pas trop.
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Surtout de l’émotion, de la spontanéité.
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Un peu d’encre de chine, un peu d’eau, et les premiers motifs apparaissent sur la fine feuille de riz.
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Fierté ! Ça ressemble à quelque chose, ça ressemble même à ce que je voulais !
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Si rapidement, c’est encourageant.
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A l’âge de 24 ans, je suis venue en France et quand je retourne au Japon, c’est généralement l’été et cela fait longtemps que je n’ai plus eu l’occasion de faire Hanami au Japon. Quand mes enfants seront plus grands, j’aimerais retourner au Japon à la période de la floraison des cerisiers. Je ne sais pas si mon frère connaît mes sentiments, mais chaque année, il m’envoie des photos des cerisiers en fleurs.  
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Je continue donc et le geste devient vite assuré.  
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Oh, ce n’est pas encore parfait, loin de là, mais c’est vibrant, ça a presque un côté magique.  
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[[Fichier:SUMIE_ERWAN_062017_2.jpg|thumb|600px|left|]|]]
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Après deux heures et une première œuvre, je ressors de la séance calme et serein.
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Je n’ai pas vu le temps passer.
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Juste le temps d’admirer le travail de mes amis, d’échanger sur nos ressentis, et je me promets d’en refaire.
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私は岡山県北部にある城下町で生まれ育ちました。
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Même tout seul : ce n’était pas si compliqué, et ce n’est pas tant le résultat que le ressenti lors de la pratique qui compte.
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家から車で5分ほどのところに、お城山がありました。小高い所にお城があった訳ですが、明治維新の時に取り壊され、石垣と樹木だけが残っています。
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春になると、たくさんの桜が咲き、家族で何度か夜桜を見に行ったことがあります。
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Dans notre monde qui accélère sans cesse, juste deux heures à donner le temps au temps, à prendre le temps de faire un mouvement, à ne pas « mitrailler » comme on prend des photos en rafale, mais préparer, ressentir, visualiser et quand on est prêt, faire le geste.
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屋台が出て、綿あめやたこ焼きなど売っていました。ウサギの形の大きな風船を買ってもらい、それを持って歩いていたように思います。
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提灯の薄明かりに照らされた桜は、昼間に見るのとは違い、冷たく輝いていて、子供心にも、感動を覚えたものです。
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Un seul geste, mais le bon.
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大きくなって、東京の四谷にある大学に通いました。
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Deux heures ainsi, hors du temps ; que c’était bon !
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大学正門の前の土手には、たくさんの桜の木ががあり、4月になると桜が満開になります。友だちと土手の桜並木の下をよく散歩しました。
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体育会の一年生はかなり早い時間から土手に行って、夜のお花見の場所を確保するように先輩から命令されていたようです。
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Merci à Quartier Japon, merci à notre professeur de nous avoir proposé cette activité, et merci à tous ceux qui étaient là pour ce moment partagé.
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こうなると、桜を見るというのはただの口実で、どんちゃん騒ぎをしていたというほうが正しいかもしれません。
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24歳で渡仏してから、帰省するのはだいたい夏なので、長い間、日本でお花見をしていません。
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Quant à vous, si vous n’avez jamais essayé, prenez le temps de le faire, vous ne pourrez pas le regretter !
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いつか子どもが大きくなったら、桜の時期に日本に帰りたいと思っています。
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そんな私の気持ちを知ってか知らずか、弟たちは毎年、桜の写真を送ってくれます。
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Erwan
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''Article paru le 20/04/2011''
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''Article paru le 31/07/2017''
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=='''Ancienne histoire du Japon'''==
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=='''Furoshiki - l'emballage tissu japonais et quelques astuces'''==
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智也 - Tomoya
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(10 ans) - En France depuis 10 ans
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Il y a longtemps, il y avait un dentiste avare, un vendeur de morceau de bois avare, un marchand de glaçons avare. Les trois moururent le même jour. Comme ils ont été très très injustes, ils partirent en enfer. Le diable japonais les envoie dans la montagne de grands morceaux pointus.
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'''*Stéphane Paumier (42 ans)'''
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- Aïe, aïe !
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Le vendeur de morceau de bois prend des planches et en donne à ses compagnons. Les trois montèrent la montagne piquante très aisément. Un ogre surveillant les aperçoit en sursaut. Il court vers le diable et hurle ;
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- Ils ont gravi la montagne facilement avec des planches !
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- Plonge-les dans l’eau brûlante !
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Le groupe de trois hurlent de douleurs. Mais Le marchand de glaçons a une idée. Il met quelques glaçons et les trois se trouvent dans un bain public parfait !
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L’ogre surveillant qui les aperçoit en train de se baigner tranquillement dit au diable ;
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- Ils sont tranquilles dans leur bain !
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- Envoie-les dans la bouche-mange-tout de l’ogre géant !
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Les trois dans la bouche se mirent à pleurer sauf le dentiste qui ricane. Il a une idée. A mi-voix, il dit ;
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- Prenez ça !
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Ce qu’il venait de donner étaient ses outils de dentistes. Tous se mirent à arracher ses dents pointues de l’ogre géant.
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Un ogre, qui vit cela, dénonce tout ;
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- Ils arrachent les dents de l’ogre !
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Le diable réfléchit un moment en disant ;
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- Ils se sont enfuis sains et sauf à toutes les tortures de l’enfer… Alors envoie-les au paradis !
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Tomoya (Cette histoire lui a été racontée par son grand père en japonais.)
 
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[[Fichier:Hira_zutsumi_2.jpg|thumb|200px|left|]]
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Le furoshiki est un carré de tissu dont les Japonais se servent depuis fort longtemps pour emballer toutes sortes d’objets. Utilisé pour transporter des objets de tailles et de formes diverses dans la vie quotidienne, le furoshiki sert également à emballer les cadeaux comme l’argent que l’on souhaite offrir.
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Version arrangée :
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« Tsutsumu » (包む), en japonais signifie envelopper, emballer. Le kanji « 包 » représentant un bébé dans le sein de sa mère, protégé par celui-ci, « Tsutsumu »  est employé fort logiquement dans le sens d'envelopper des objets pour les protéger et ainsi éviter de les abîmer. Les objets ainsi enveloppés d’un furoshiki sont physiquement protégés et, par là-même, respectés.
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'''Ancienne histoire du Japon'''
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Au-delà, l’utilisation d’un furoshiki permet également de respecter la personne à laquelle est destiné l'objet enveloppé d'un furoshiki, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un cadeau. Les Japonais ont en effet pour habitude de ne pas déballer les cadeaux en présence des personnes qui les leur offre. Le furoshiki est ainsi l’un des symboles de la discrétion si caractéristique des Japonais. Cette discrétion traditionnellement ancrée dans le comportement de chacun d’entre eux, qui les incite tout autant à ne pas faire étalage de leurs possessions qu’à ne pas afficher directement leurs sentiments.
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Il y a longtemps, vivaient un dentiste avare, un vendeur de morceaux de bois avare, un marchand de glaçons avare. Les trois moururent le même jour. Comme ils avaient été très très injustes toute leur vie, ils partirent en enfer. Le diable japonais les envoya alors dans la montagne de pierres aux arêtes acérées.  
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[[Fichier:Eco_furoshiki.jpg|thumb|160px|right|]] Au-delà, le furoshiki est également un véritable vecteur de communication, au sens où la matière, les motifs, la ou les couleurs utilisée(s), le type d’emballage et les nœuds réalisés sont autant d’éléments de communication importants entre la personne qui utilise un furoshiki et la personne à laquelle est destiné l’objet ou le cadeau ainsi emballés. Le choix des couleurs et des motifs, notamment, sont fonction de la saison et de la circonstance, …, tout comme pour le kimono et la ceinture obi.
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« Aïe, aïe !
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De nos jours, le furoshiki est devenu un accessoire vestimentaire au même titre qu'un sac ou des souliers, dont la matière, les couleurs et les motifs sont choisis suivant les occasions. Le furoshiki est en outre devenu un objet de création artistique doté d'une véritable valeur esthétique, par l'originalité et la qualité de la composition de ses couleurs et de ses motifs, traditionnels et contemporains.
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Le vendeur de morceaux de bois prit des planches et en donna à ses compagnons. Ainsi, les trois gravirent la montagne piquante très aisément.
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Mais un ogre, qui les surveillait de loin en loin les aperçut, alors qu’ils étaient enfin parvenus au sommet de la montagne. Surpris, il se dépêcha de courir prévenir le diable, en hurlant :
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- Ils ont gravi la montagne, facilement, avec des planches !
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- Plonge-les dans l’eau brûlante !, lui ordonna le diable.
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Aussitôt, les trois se retrouvèrent longé dans un bain bouillant.
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« Ouille ! Ouille !, les trois hurlèrent de douleur…
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Mais Le marchand de glaçons eut une idée.
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Il plongea quelques uns de ses glaçons dans l’eau brûlante et les trois se trouvèrent bientôt comme dans un bain public à la température parfaite !
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L’ogre, qui les surveillait désormais de plus près, les aperçut  en train de se baigner tranquillement, en prenant même un vrai plaisir à ce bain forcé du départ.
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De nouveau, il se rua vers le diable, auquel il annonça, en hurlant de plus belle :
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- Ils sont tranquilles dans leur bain !
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- Envoie-les dans la bouche-mange-tout de l’ogre géant !, lui répliqua le diable, irrité.
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Plouf ! D’un seul mouvement, les voilà tous les trois dans la bouche mange-tout…
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Comme un seul homme, deux des trois se mirent à pleurer bruyamment. Le seul qui ne pleurait pas, le dentiste, ricanait, tranquillement. Il venait en effet d’avoir une idée.
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A mi-voix, il dit aux deux autres : Prenez ça !
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Ce qu’il venait de leur donner était en fait ses outils de dentiste. Et joyeusement, tous se mirent à arracher les dents pointues de l’ogre géant.  
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L’ogre, qui les croyait définitivement engloutis, en jetant un regard machinal dans la direction de l’ogre géant, sursauta de plus belle lorsqu’il vit les trois arracher joyeusement les dents de la bouche mange-tout de l’ogre géant.
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Mais ce qui permet surtout au furoshiki de redevenir au goût du jour, au Japon comme dans d’autres pays, c’est bien avant tout son aspect écologique de produit réutilisable, qui permet de limiter l’usage de sacs jetables et plastiques.
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Décontenancé, il se dépêcha jusqu’auprès du diable où, en bafouillant, il l’informa de la situation : Ils arrachent les dents de l’ogre !
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Le diable réfléchit un moment, avant de déclarer : Ils se sont sortis sains et saufs de toutes les tortures de l’enfer… Alors envoie-les au paradis !
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Tomoya (Cette histoire lui a été racontée par son grand père japonais.)
 
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''Article paru le 16/01/2012''
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'''*Quelques astuces'''
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日本のむかしばなし
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Comment confectionner son propre furoshiki ?
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むかしむかし、けちな歯医者さんと、けちな材木屋さんと、けちな氷屋さんがいました。三人とも同じ日に死にました。かれらはとてもとても悪い人たちだったので、えんま大王がかれらをとげとげのたくさんある山に送りました。
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On peut avoir envie de pratiquer l'emballage tissu japonais et de le faire découvrir autour de soi, mais on n'a pas de furoshiki et ceux présentés dans le commerce peuvent être plutôt chers et de qualité médiocre, sans parler des motifs qui ne correspondent pas à nos aspirations.
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「いたたた!」
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材木屋さんは木の板を取ると、それを仲間に渡しました。三人はこうしてとげの山を楽に登りました。見張りの鬼がそれに気がつきました。彼はえんま大王のところへ走って行き、叫びました。
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「あいつら、板を使って、簡単に山を登ってますよ!」
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「それなら、ぐつぐつ煮えたぎっている湯の中に入れてしまえ!」
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三人はあまりの苦しさにうなりました。でも、氷屋さんにある考えがうかびました。氷屋さんはいくつかの氷をこの湯の中に入れました。するとちょうど良いお風呂になりました。
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見張りの鬼は三人が気持ちよくお風呂を楽しんでいるのを見つけて、えんま大王に言いつけにきました。
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「あの三人、風呂にのんびりと入ってますよ!」
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「それなら、やつらを大鬼の何でも食べる口の中に入れてしまえ!」
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口の中の三人は泣き始めましたが、歯医者さんはにやりと笑いました。かれにはいい考えがありました。歯医者さんはひそひそ声で言いました。
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「これを取りなさい。」
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 かれが渡したのは、歯医者の道具だったのです。みんなは大鬼のとがった歯を抜き始めました。
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それを見た鬼が言いました。
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「あいつら、大鬼の歯を抜いていますよ!」
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えんま大王はしばらく考えて、こう言いました。
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「あいつらは地獄のすべての拷問から無事のがれたのだな。しようがない、それなら天国に送ってしまえ!」
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''Article paru le 18/06/2011''
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Pas de soucis, d'autant plus si on a une âme de couturière ou de couturier !
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Il suffit d'avoir un carré de tissu, environ 66 cm x 66 cm, en coton peu épais ou toute autre matière qui permettra de bien marquer les plis et de conserver les nouages sans que le tissu ne glisse.
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J'insiste sur le fait qu'il faut que le tissu ne soit pas épais, au risque, sinon, de ne pas avoir la souplesse suffisante et nécessaire pour les pliages et les nouages.
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Si le tissus est imprimé ou/et de couleurs différentes sur le recto et sur le verso, c'est bien sûr un plus ; l'effet sera plus joli. Mais ce n'est pas indispensable.
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=='''Nihonga - la peinture tradionnelle japonaise'''==
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Il suffit ensuite d'ourler le tissu sur les côtés et ne pas laisser de frange.
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Et la partie est jouée ; on obtient son furoshiki original à moindre coût !
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Valérie Eguchi (49 ans)
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''Article paru le 30/04/2020''
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*'''le Nihonga (日本画)- Qu'est-ce que c'est ?'''
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[[Fichier:pivoine.jpg|thumb|200px|left|Pivoine]]
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Le nihonga est un style de peinture dans lequel on utilise les pigments minéraux (Iwa enogu) et de la poudre de coquillage (gofun), mélangé à du nikawa (colle animale). 
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Les principaux matériaux utilisés comme supports sont la soie, le papier, mais le bois et la toile sont parfois employés. L'agrandissement  d’un échantillon de nihonga montre des particules de pigment minéral relativement grossières enveloppées dans une couche mince de solution, fixée au support. La matière permet à la lumière de se propager grâce à ce médium qui est plus mince que celui de peinture à l'huile occidentale.
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Les techniques Nihonga, à l'origine importées de la Chine vers le Japon avec le bouddhisme au milieu du septième siècle, ont été développées sous la forme pratiquée actuellement vers la fin du huitième siècle. Bien que sous l'influence de culture étrangère, le nihonga s’est développé comme une forme de peinture avec des styles et techniques essentiellement propres au Japon.
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=='''Origami - le pliage du papier'''==
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'''Peindre avec des kamis :'''
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Stéphane Paumier (42 ans)
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Le Shintoisme, religion la plus ancienne au Japon est la voie des kami, esprits et dieux invisibles qui habitent tous les phénomènes sur terre, qu’ils soient animés ou inanimés.
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C’est ainsi qu’objets sacrés, êtres spirituels, animaux, sources, chutes d'eaux, montagnes sacrées, roches phénomènes naturels, symboles vénérés, ..., sont habités de kamis.
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Utilisant uniquement des matériaux naturels, fibres végétales, poils d’animaux, roches et terres, la pratique du nihonga nous rapproche de cette dimension.
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'''Eloge de la lenteur :'''
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[[Fichier:Dragon_en_origami.jpg|thumb|200px||left]]
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Le nihonga procure un calme intérieur et nous sort de l’urgence. Le papier est doucement imbibé de colle préalablement dissoute à l'eau. Le peintre écrase et mélange les pigments sous ses doigts, seul le contact avec la peau peut indiquer quand la couleur est prête.
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Grâce au temps que le peintre s’accorde pour la préparation, c'est aussi un temps de réflexion nécessaire pour chaque élément  entrant dans la composition du tableau,
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'''Mono no aware - la beauté de l’éphémère :'''
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L’origami est l’art du pliage traditionnel japonais. Le mot origami vient du verbe japonais « oru » (plier) et du mot « kami » (papier).
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Le nihonga une école de respect de la nature :
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Quand le peintre de nihonga s’intéresse aux motifs de la nature, il a présent à l’esprit que cette nature est éphémère, les saisons passent et tout est éternel mouvement.
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A partir d’un carré de papier, toutes sortes d’objets peuvent être réalisées, jusqu’à des œuvres très élaborées nécessitant de très nombreux pliages et plusieurs feuilles.
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[[Fichier:esquisse.jpg|thumb|200px|left|Esquisse]]
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Le papier utilisé peut être de couleur uni ou dégradée ou un joli papier, chiyogami, décoré de motifs traditionnels japonais. En fait, tout papier se prête à l’origami, puisque il existe des origami réalisés à partir de tickets de métro, de billets de 1 000 ¥ ou 10 000 ¥ et même, actuellement, de papier toilette.
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*'''Apprendre'''
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Je pratiquais la peinture décorative depuis 1987. Outre le trompe l’œil, il s’agissait aussi de réaliser des fausses matières, des patines. Je me suis tournée ensuite vers le tableau à l’huile classique, puis les pigments liés aux médiums acryliques.
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L’origami, jeu très évocateur de l’enfance pour de nombreux Japonais, est une activité ludique aussi bien auprès des enfants que des adultes, qui permet assurément à chacun de se détendre et de s’amuser tout en créant de petits objets décoratifs et utiles dans la vie quotidienne (repose baguettes, boîte à gâteau…).
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Avec le nihonga j’ai approfondi mon goût de la matière.
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Dans la création, la notion japonaise s’inscrit dans le « faire », en amont d’une finalité plastique. Le contact des mains avec les matériaux naturels, le jeu de l’eau avec les pigments sont des éléments important dans mon choix de cette technique.
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C’est ainsi que je recherche cette osmose avec la nature.
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[[Fichier:etape2.jpg|thumb|200px|left|Etape 2]]
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Naturellement, les Japonais connaissent deux ou trois origami très populaires auprès des enfants, parmi lesquels la boîte, la grenouille ou la grue japonaise « tsuru », très importante pour le Japon car synonyme de longévité et de fidélité. Une légende dit même « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. »
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En 1994, J’avais découvert le nihonga grâce à une exposition de Uemura Shoko et Atsushi (père et fils) à l’espace Mitsukoshi à Paris, et j’avais cherché en vain des informations sur le nihonga en France.
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La 3 ème fois que je suis allée au Japon, en 2007, j’ai visité le temple de Kotohira. J’ai pu accéder à des salles interdites au public, car mon mari travaillait à l’organisation de l’exposition « Konpirasan » au Musée Guimet. J’ai découvert également les peintures votives sur bois « Ema ». J’ai ensuite bénéficié de toute la documentation autour de ce temple. J’ai acheté des pigments, et un livre.
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[[Fichier:etape3.jpg|thumb|200px|left|Etape 3]]
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Tout est réalisable en origami, y compris les objets les plus modernes. La technique de l’origami est même reprise actuellement et a des applications en chirurgie, dans la recherche spatiale et pour expliquer des principes complexes de mathématiques…
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La même année je rencontrais l’artiste Taïwanaise Yiching Chen, elle-même élève de Uemura Atsushi, qui a accepté de venir enseigner dans notre association. J’ai suivi son enseignement pendant 1 an, puis je l’ai assistée pendant 2 ans. J’ai commencé par reproduire des œuvres de Kotohira.
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*'''Transmettre'''
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''Article paru le 16/01/2012''
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J’avais déjà le goût de transmettre alors que j’enseignais la peinture décorative dans mon association, et alors que je me détournais de la peinture à l’huile et des techniques décoratives et que les tableaux de nihonga se multipliaient dans mon atelier, des élèves m’ont demandé de les initier.
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Beaucoup de gens me demandent des conseils suite à mes articles sur mon blog, mais certains « coups de main » sont impossibles à acquérir sans guide.
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=='''Les bienfaits de l'origami et quelques astuces'''==
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*'''Comment vivez-vous l'enseignement du Nihonga avec des Français ?'''
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L’origami, le pliage du papier japonais, est bien connu et même pratiqué par de nombreux enfants et adultes en France.
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Même parmi les plus de 70 ans, ils sont beaucoup à connaître et même à pratiquer l’origami.
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Grâce à leurs enfants et à leurs petits-enfants, mais aussi parce qu’ils ont eux-mêmes pratiqué l’origami pendant leur carrière ou encore quand ils étaient enfants, dans les années 50.
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Enseigner le nihonga aux Français, c’est leur transmettre un petit bout des valeurs que je partage avec certains artistes japonais.
 
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Le respect de la nature, une certaine intériorité, la curiosité.
 
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Les élèves qui viennent à moi sont soit attirés par le style de mes tableaux et ont déjà le sens des valeurs décrites plus haut, ou ils ont comme moi connu le nihonga au Japon ou à l’espace Mitsukoshi.
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[[Fichier:Origami_recyclé_-_site.jpg|thumb|250px|left|]|]]
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* L’origami, un soin de support en milieu hospitalier.
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J’aime aussi aller vers un public à priori peu informé. A l’occasion de ma venue à Japan Expo sur le stand de Pigments et Arts du Monde, j’avais réalisé 12 Fanart en nihonga inspiré du jeu vidéo Okami. J’ai découvert à cette occasion que les amateurs de manga, sont particulièrement réceptifs à la découverte de cet art. Après tout, on dit que c’est le maître japonais de l’estampe, Hokusai qui inventa le terme "manga" pour qualifier ses carnets de croquis. Et avec le nihonga, on retrouve le goût du trait et une certaine philosophie auxquels les jeunes ne sont pas insensibles.
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C’est ce que j’entends fréquemment plusieurs fois par mois, à l’occasion de nos animations au sein de l’Institut Gustave Roussy, dans différents services de cet établissement internationalement réputé dans le traitement du cancer.
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Il ne s’agit pas seulement de faire découvrir une technique (matériaux et outils) mais des procédés et des styles.
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Un mardi en 2018, je me souviens particulièrement de ces différents femmes venues pratiquement les unes à la suite des autres le même jour, qui ne se connaissaient pas et qui m’ont toutes dit la même chose : pendant la phase du traitement, la pratique de l’origami les a aidées à certaines périodes quand elles étaient au creux de la vague.  
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Je suis soutenue dans ma démarche par deux artistes enseignants le nihonga traditionnel au Japon, avec qui je communique régulièrement.
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Quand il était devenu difficile pour elles de supporter leur traitement et l’incertitude, faire de l’origami leur a permis de s’occuper l’esprit.
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Tout en faisant quelque chose de leurs mains, elles étaient obligées d’être concentrées sur les pliages et ainsi trouvaient un dérivatif qui leur permettait de penser à autre chose.
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http://www.pigmentsetartsdumonde.com
 
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Blog nihonga : http://eguchi.over-blog.com
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* Une autre surprise, dans d’autres services hospitaliers.
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Collaboration : http://nihonga100.wordpress.com
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Toujours dans des services hospitaliers, dans lesquels se rendent nos intervenantes depuis 2012, les effets bénéfiques de la pratique de l’origami ont été remarqués par l’équipe médicale et soignante.  
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Alors que des activités ludiques avaient été initialement organisées, au début de l’été, dans les services de psychiatrie adulte et de toxicologie pour divertir les personnes hospitalisées, plusieurs médecins et médecin chef avaient alors été surpris d’en constater les effets bénéfiques sur les patients.
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• D’une part, les personnes ne tremblaient pas pendant qu’ils pratiquaient l’origami, alors que leur maladie et leurs traitements font qu’ils tremblent sans cesse, ce qui est invalident et contribuent à ce qu’elles aient une mauvaise image d’elles-mêmes.
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• D’autre part, elles étaient capables de rester concentrer sur ce qu’elles faisaient pendant la durée de l’atelier, 1h30 environ, alors que cela leur est habituellement difficile.
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''Article paru le 12/11/2011''
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Depuis, les ateliers d’origami sont reconduits à plusieurs périodes de l’année, dans différents services du groupe hospitalier Lariboisière – Fernand Widal.
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* Auprès d’autres populations, l’origami est également bénéfique.
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• Auprès d’enfants, la pratique de l’origami aide là aussi les enfants à se concentrer et à se recentrer.
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En même temps qu’ils créent quelque chose concrètement de leurs mains, cela leur permet d’avoir un cadre le temps de l’atelier.
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Cela peut ainsi aider certains à se poser.
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Cela peut aussi les aider à conceptualiser les choses, à savoir que face à leur carré de papier, ils n’ont pas forcément la représentation de ce que cela deviendra une fois les pliages terminés.
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D’autant qu’ils n’ont pas forcément non plus l’idée de la décomposition en différentes étapes de pliages, afin de parvenir à obtenir l’objet terminé.
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• Egalement auprès de personnes âgées, dans différentes structures d’accueil, comme des EHPAD.
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Car cela aide les personnes à se concentrer et à maintenir une mobilité fine de leurs mains.
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Moi qui avais de l’origami une image un peu simpliste, je me rends ainsi mieux compte de tous ses bienfaits.
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Je suppose d’ailleurs, qu’il y en a bien d’autres !
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[[Fichier:Origamis_recyclés_-_site.jpg|thumb|250px|left|]|]]
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* Petits conseils pour fabriquer soi-même ses feuilles d’origami.
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Pour finir, les conseils d’une cadre de santé de l’hôpital La Pitié Salpêtrière :
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Avec les participants à mes ateliers organisés à l’hôpital, nous fabriquons nous-mêmes nos feuilles d’origami, à partir de papier recyclé.
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1. Avec du papier kraft ou de grandes enveloppes ou du papier d’emballage cadeaux, car ils sont fins, nous réalisons un carré, que nous découpons avant de réaliser, avec, notre origami. Vous pouvez faire, d’un grand carré, un grand origami !
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2. Nous choisissons le papier en fonction de l’origami que nous voulons réaliser ou nous choisissons le modèle d’origami en fonction du papier à disposition.
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Par exemple, avec un papier kraft marron, qui rappelle les dunes de sables, nous créons un chameau ou d’autres choses du désert.
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3. Les personnes, notamment les jeunes enfants, seront aussi ravis de décorer et colorier eux-mêmes les feuilles d’origami qu’ils auront créées.
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Soit avant de commencer les pliages, soit une fois l’origami réalisé.
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Cela permet de pouvoir toujours faire de l’origami, dès lors que l’on a du papier avec soi, même du papier journal !
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Ce qui permet encore de valoriser le papier : même déjà utilisé une première fois pour une finalité définie, il peut resservir pour autre chose !
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''Article paru le 30/03/2020''

Version actuelle en date du 29 décembre 2024 à 18:09

Qu'elle soit traditionnelle ou / et moderne, la culture japonaise nous séduit.

Pourquoi ? En quoi ?

Cette rubrique est là pour le dire.


Sommaire

Les bienfaits de l'ikebana, la composition florale japonaise

  • Marie-Christine (pratiquante de l’ikebana chez Quartier Japon depuis 2010)


Jiyu-ka 092015.jpg
La réalisation d’un bouquet d’ikebana m’apporte paix, sérénité, recentrage, équilibre et joie.

Souvent, j’arrive fatiguée, stressée par la semaine de travail. Au cours de la pratique, un état de calme s’installe rapidement dans l’instant présent. Les soucis sont oubliés et l’Esprit se calme et apparaît en soi une nouvelle énergie. Les fleurs me donnent leur énergie, en rapport avec la nature. Je deviens les fleurs.

Le bouquet en soi n’a pas d’importance, mais c’est la pratique de recentrage, de silence, qui importe. Il y a passage de l’énergie des fleurs en soi, avec une ouverture du cœur. J’arrive en vide d’énergie et je repars pleine d’énergie.

L’état d’esprit dans lequel on réalise le bouquet est important. Il n’y a pas de compétition. Ce qui est important, c’est travailler régulièrement avec motivation.

Cette pratique nous sensibilise à une meilleure écoute de la nature et à son observation.

Le bouquet nous aide à passer une semaine sereine. Sa présence nous remplit de joie et nous rappelle l’état présent ainsi que l’impermanence (on suit l’éclosion des fleurs, des branches et son flétrissement). C’est un art de l’éphémère que chaque cours on renouvelle. Toute la philosophie zen s’inscrit dans cette pratique.

Le lien avec le Maître est important. C’est un guide qui nous oblige à nous questionner et à avancer avec les grades. Le disciple comprend intuitivement la leçon du Maître. L’ikebana est une leçon de vie. A partir du bouquet, on va découvrir un symbolisme. C’est un parcours de vie qui nous habite et qui devient indispensable, qui nous relie à la Nature, aux saisons, à l’Autre (rencontre avec d’autres amis, animés de la même passion. Amitiés durables).


Article paru le 02/03/2016


Les bienfaits de la peinture à l'encre japonaise, sumie

  • Chaque année depuis 2013, les membres du Dôjô Daikokuten participent à différents ateliers de présentation de la culture japonaise, chez Quartier Japon.

Le Dôjô Daikokuten a pour raison d’être de permettre à ceux qui le souhaitaient, de découvrir la pratique de l’Aikido de Sumikiri, une forme d’aikido mettant en avant le travail d’harmonisation de l’esprit, des animæ et du corps du pratiquant.

Dans ce cadre, Erwan – membre participants aux ateliers culturels depuis plusieurs années, a découvert la peinture à l’encre sumié.

Il nous fait partager son expérience, à travers son témoignage.

SUMIE ERWAN 062017.jpg
« Je ne sais ni dessiner ni peindre. Et à vrai dire, je n’aime pas trop ça.

Enfin, c’est ce que je croyais avant d’essayer le sumi-e avec Quartier Japon.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis découvert une âme d’artiste, mais j’ai particulièrement apprécié cette séance d’initiation. C’est très différent de ce que j’avais pu essayer jusqu’alors, ce que j’appelle la peinture « occidentale » : addition de couleurs, de couches, de retouches…

Grâce à l’équipe de Quartier Japon, qui a su nous mettre à l’aise, en quelques minutes, un pinceau à la main et c’était parti !

Immédiatement, la concentration, le calme, la respiration.

Ici, chaque geste est sincère, vient du cœur, du centre.

Le sentiment de détente est presque immédiat, toute l’attention est focalisée sur l’instant.

Un peu de technique, mais pas trop. Surtout de l’émotion, de la spontanéité. Un peu d’encre de chine, un peu d’eau, et les premiers motifs apparaissent sur la fine feuille de riz. Fierté ! Ça ressemble à quelque chose, ça ressemble même à ce que je voulais ! Si rapidement, c’est encourageant.

Je continue donc et le geste devient vite assuré. Oh, ce n’est pas encore parfait, loin de là, mais c’est vibrant, ça a presque un côté magique.


SUMIE ERWAN 062017 2.jpg

Après deux heures et une première œuvre, je ressors de la séance calme et serein. Je n’ai pas vu le temps passer. Juste le temps d’admirer le travail de mes amis, d’échanger sur nos ressentis, et je me promets d’en refaire.

Même tout seul : ce n’était pas si compliqué, et ce n’est pas tant le résultat que le ressenti lors de la pratique qui compte.

Dans notre monde qui accélère sans cesse, juste deux heures à donner le temps au temps, à prendre le temps de faire un mouvement, à ne pas « mitrailler » comme on prend des photos en rafale, mais préparer, ressentir, visualiser et quand on est prêt, faire le geste.

Un seul geste, mais le bon.

Deux heures ainsi, hors du temps ; que c’était bon !

Merci à Quartier Japon, merci à notre professeur de nous avoir proposé cette activité, et merci à tous ceux qui étaient là pour ce moment partagé.

Quant à vous, si vous n’avez jamais essayé, prenez le temps de le faire, vous ne pourrez pas le regretter !

Erwan

Article paru le 31/07/2017


Furoshiki - l'emballage tissu japonais et quelques astuces

*Stéphane Paumier (42 ans)


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Le furoshiki est un carré de tissu dont les Japonais se servent depuis fort longtemps pour emballer toutes sortes d’objets. Utilisé pour transporter des objets de tailles et de formes diverses dans la vie quotidienne, le furoshiki sert également à emballer les cadeaux comme l’argent que l’on souhaite offrir.

« Tsutsumu » (包む), en japonais signifie envelopper, emballer. Le kanji « 包 » représentant un bébé dans le sein de sa mère, protégé par celui-ci, « Tsutsumu » est employé fort logiquement dans le sens d'envelopper des objets pour les protéger et ainsi éviter de les abîmer. Les objets ainsi enveloppés d’un furoshiki sont physiquement protégés et, par là-même, respectés.

Au-delà, l’utilisation d’un furoshiki permet également de respecter la personne à laquelle est destiné l'objet enveloppé d'un furoshiki, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un cadeau. Les Japonais ont en effet pour habitude de ne pas déballer les cadeaux en présence des personnes qui les leur offre. Le furoshiki est ainsi l’un des symboles de la discrétion si caractéristique des Japonais. Cette discrétion traditionnellement ancrée dans le comportement de chacun d’entre eux, qui les incite tout autant à ne pas faire étalage de leurs possessions qu’à ne pas afficher directement leurs sentiments.

Eco furoshiki.jpg
Au-delà, le furoshiki est également un véritable vecteur de communication, au sens où la matière, les motifs, la ou les couleurs utilisée(s), le type d’emballage et les nœuds réalisés sont autant d’éléments de communication importants entre la personne qui utilise un furoshiki et la personne à laquelle est destiné l’objet ou le cadeau ainsi emballés. Le choix des couleurs et des motifs, notamment, sont fonction de la saison et de la circonstance, …, tout comme pour le kimono et la ceinture obi.

De nos jours, le furoshiki est devenu un accessoire vestimentaire au même titre qu'un sac ou des souliers, dont la matière, les couleurs et les motifs sont choisis suivant les occasions. Le furoshiki est en outre devenu un objet de création artistique doté d'une véritable valeur esthétique, par l'originalité et la qualité de la composition de ses couleurs et de ses motifs, traditionnels et contemporains.

Mais ce qui permet surtout au furoshiki de redevenir au goût du jour, au Japon comme dans d’autres pays, c’est bien avant tout son aspect écologique de produit réutilisable, qui permet de limiter l’usage de sacs jetables et plastiques.


Article paru le 16/01/2012

*Quelques astuces

Comment confectionner son propre furoshiki ?

On peut avoir envie de pratiquer l'emballage tissu japonais et de le faire découvrir autour de soi, mais on n'a pas de furoshiki et ceux présentés dans le commerce peuvent être plutôt chers et de qualité médiocre, sans parler des motifs qui ne correspondent pas à nos aspirations.

Pas de soucis, d'autant plus si on a une âme de couturière ou de couturier !

Il suffit d'avoir un carré de tissu, environ 66 cm x 66 cm, en coton peu épais ou toute autre matière qui permettra de bien marquer les plis et de conserver les nouages sans que le tissu ne glisse. J'insiste sur le fait qu'il faut que le tissu ne soit pas épais, au risque, sinon, de ne pas avoir la souplesse suffisante et nécessaire pour les pliages et les nouages. Si le tissus est imprimé ou/et de couleurs différentes sur le recto et sur le verso, c'est bien sûr un plus ; l'effet sera plus joli. Mais ce n'est pas indispensable.

Il suffit ensuite d'ourler le tissu sur les côtés et ne pas laisser de frange. Et la partie est jouée ; on obtient son furoshiki original à moindre coût !

Article paru le 30/04/2020


Origami - le pliage du papier

Stéphane Paumier (42 ans)

Dragon en origami.jpg

L’origami est l’art du pliage traditionnel japonais. Le mot origami vient du verbe japonais « oru » (plier) et du mot « kami » (papier).

A partir d’un carré de papier, toutes sortes d’objets peuvent être réalisées, jusqu’à des œuvres très élaborées nécessitant de très nombreux pliages et plusieurs feuilles.

Le papier utilisé peut être de couleur uni ou dégradée ou un joli papier, chiyogami, décoré de motifs traditionnels japonais. En fait, tout papier se prête à l’origami, puisque il existe des origami réalisés à partir de tickets de métro, de billets de 1 000 ¥ ou 10 000 ¥ et même, actuellement, de papier toilette.

L’origami, jeu très évocateur de l’enfance pour de nombreux Japonais, est une activité ludique aussi bien auprès des enfants que des adultes, qui permet assurément à chacun de se détendre et de s’amuser tout en créant de petits objets décoratifs et utiles dans la vie quotidienne (repose baguettes, boîte à gâteau…).

Naturellement, les Japonais connaissent deux ou trois origami très populaires auprès des enfants, parmi lesquels la boîte, la grenouille ou la grue japonaise « tsuru », très importante pour le Japon car synonyme de longévité et de fidélité. Une légende dit même « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. »

Tout est réalisable en origami, y compris les objets les plus modernes. La technique de l’origami est même reprise actuellement et a des applications en chirurgie, dans la recherche spatiale et pour expliquer des principes complexes de mathématiques…

Article paru le 16/01/2012


Les bienfaits de l'origami et quelques astuces

L’origami, le pliage du papier japonais, est bien connu et même pratiqué par de nombreux enfants et adultes en France. Même parmi les plus de 70 ans, ils sont beaucoup à connaître et même à pratiquer l’origami. Grâce à leurs enfants et à leurs petits-enfants, mais aussi parce qu’ils ont eux-mêmes pratiqué l’origami pendant leur carrière ou encore quand ils étaient enfants, dans les années 50.


Origami recyclé - site.jpg
  • L’origami, un soin de support en milieu hospitalier.

C’est ce que j’entends fréquemment plusieurs fois par mois, à l’occasion de nos animations au sein de l’Institut Gustave Roussy, dans différents services de cet établissement internationalement réputé dans le traitement du cancer.

Un mardi en 2018, je me souviens particulièrement de ces différents femmes venues pratiquement les unes à la suite des autres le même jour, qui ne se connaissaient pas et qui m’ont toutes dit la même chose : pendant la phase du traitement, la pratique de l’origami les a aidées à certaines périodes quand elles étaient au creux de la vague.

Quand il était devenu difficile pour elles de supporter leur traitement et l’incertitude, faire de l’origami leur a permis de s’occuper l’esprit. Tout en faisant quelque chose de leurs mains, elles étaient obligées d’être concentrées sur les pliages et ainsi trouvaient un dérivatif qui leur permettait de penser à autre chose.


  • Une autre surprise, dans d’autres services hospitaliers.

Toujours dans des services hospitaliers, dans lesquels se rendent nos intervenantes depuis 2012, les effets bénéfiques de la pratique de l’origami ont été remarqués par l’équipe médicale et soignante. Alors que des activités ludiques avaient été initialement organisées, au début de l’été, dans les services de psychiatrie adulte et de toxicologie pour divertir les personnes hospitalisées, plusieurs médecins et médecin chef avaient alors été surpris d’en constater les effets bénéfiques sur les patients.

• D’une part, les personnes ne tremblaient pas pendant qu’ils pratiquaient l’origami, alors que leur maladie et leurs traitements font qu’ils tremblent sans cesse, ce qui est invalident et contribuent à ce qu’elles aient une mauvaise image d’elles-mêmes.

• D’autre part, elles étaient capables de rester concentrer sur ce qu’elles faisaient pendant la durée de l’atelier, 1h30 environ, alors que cela leur est habituellement difficile.

Depuis, les ateliers d’origami sont reconduits à plusieurs périodes de l’année, dans différents services du groupe hospitalier Lariboisière – Fernand Widal.


  • Auprès d’autres populations, l’origami est également bénéfique.

• Auprès d’enfants, la pratique de l’origami aide là aussi les enfants à se concentrer et à se recentrer. En même temps qu’ils créent quelque chose concrètement de leurs mains, cela leur permet d’avoir un cadre le temps de l’atelier. Cela peut ainsi aider certains à se poser. Cela peut aussi les aider à conceptualiser les choses, à savoir que face à leur carré de papier, ils n’ont pas forcément la représentation de ce que cela deviendra une fois les pliages terminés. D’autant qu’ils n’ont pas forcément non plus l’idée de la décomposition en différentes étapes de pliages, afin de parvenir à obtenir l’objet terminé.

• Egalement auprès de personnes âgées, dans différentes structures d’accueil, comme des EHPAD. Car cela aide les personnes à se concentrer et à maintenir une mobilité fine de leurs mains.

Moi qui avais de l’origami une image un peu simpliste, je me rends ainsi mieux compte de tous ses bienfaits. Je suppose d’ailleurs, qu’il y en a bien d’autres !


Origamis recyclés - site.jpg
  • Petits conseils pour fabriquer soi-même ses feuilles d’origami.

Pour finir, les conseils d’une cadre de santé de l’hôpital La Pitié Salpêtrière :

Avec les participants à mes ateliers organisés à l’hôpital, nous fabriquons nous-mêmes nos feuilles d’origami, à partir de papier recyclé.

1. Avec du papier kraft ou de grandes enveloppes ou du papier d’emballage cadeaux, car ils sont fins, nous réalisons un carré, que nous découpons avant de réaliser, avec, notre origami. Vous pouvez faire, d’un grand carré, un grand origami !

2. Nous choisissons le papier en fonction de l’origami que nous voulons réaliser ou nous choisissons le modèle d’origami en fonction du papier à disposition. Par exemple, avec un papier kraft marron, qui rappelle les dunes de sables, nous créons un chameau ou d’autres choses du désert.

3. Les personnes, notamment les jeunes enfants, seront aussi ravis de décorer et colorier eux-mêmes les feuilles d’origami qu’ils auront créées. Soit avant de commencer les pliages, soit une fois l’origami réalisé.

Cela permet de pouvoir toujours faire de l’origami, dès lors que l’on a du papier avec soi, même du papier journal ! Ce qui permet encore de valoriser le papier : même déjà utilisé une première fois pour une finalité définie, il peut resservir pour autre chose !


Article paru le 30/03/2020